Opération Condor : 15 anciens militaires condamnés en Argentine

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    par Hugh Bronstein 
    BUENOS AIRES, 28 mai (Reuters) - Quinze anciens militaires 
ont été condamnés vendredi en Argentine à des peines de prison 
allant jusqu'à 25 ans de prison pour leur participation à des 
enlèvements et assassinats de dissidents gauchistes dans le 
cadre de l'opération Condor pendant les années de dictature 
militaire. 
    Cette campagne d'assassinats d'opposants en exil a été 
organisée par les services secrets des dictatures militaires en 
place dans plusieurs pays d'Amérique latine (Argentine, Chili, 
Uruguay, Paraguay, Brésil et Bolivie) dans les années 70 et 80. 
    L'ancien dictateur argentin Reynaldo Bignone, 88 ans, 
dernier dirigeant de la junte militaire en Argentine 
(1982-1983)et personnalité la plus en vue dans le procès, a été 
condamné à 20 ans de réclusion.  
    Quatorze accusés ont été condamnés à des peines allant de 
huit à vingt ans de prison et deux ont été acquittés.  
    Certains crimes particuliers commis dans le cadre de 
l'opération Condor avaient déjà été l'objet de précédents 
procès. Le procès qui s'est achevé vendredi était le premier 
consacré à la participation au projet lui-même. 
    "Cette décision, sur la coordination des dictatures 
militaires en Amérique pour commettre des atrocités, constitue 
un puissant précédent pour faire en sorte que ces graves 
violations des droits de l'homme ne puissent plus jamais avoir 
lieu dans la région", a déclaré José Miguel Vivanco, directeur 
Amérique de Human Rights Watch (HRW), joint par téléphone. 
    Dans sa décision, la cour a cité la disparition de 105 
personnes durant la dictature argentine (1976-1983). 
    "Elle établit non seulement que le terrorisme d'Etat en 
Argentine était une conspiration criminelle, mais qu'il était 
coordonné avec les autres dictatures", a déclaré Luz Palmas 
Zaldua, une avocate du Center for Legal and Social Studies 
(Cels), qui représentait un grand nombre de victimes dans cette 
affaire. 
    L'Opération Condor, du nom d'un grand rapace vivant dans la 
cordillère des Andes, était coordonnée à partir d'un centre 
d'information commun au siège de la célèbre police secrète du 
dictateur Augusto Pinochet à Santiago, la capitale du Chili. 
    Lors d'une visite d'Etat en Argentine en mars dernier, le 
président américain Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis 
avaient été trop lents à condamner les atrocités commises sous 
la dictature, mais il n'est pas allé jusqu'à présenter des 
excuses pour le soutien apporté par Washington à la dictature 
militaire à ses débuts. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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