Opéra de Bordeaux: trois comptables publics lourdement sanctionnés pour défaut de contrôle

le
0

La Chambre régionale des Comptes (CRC) Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes a lourdement sanctionné trois comptables publics pour défaut de contrôle dans la gestion de l'Opéra national de Bordeaux (ONB).

Ce manque de contrôle a permis des détournements de 2,3 millions d'euros, pour lesquels l'ex-régisseuse, Corinne Auguin, a été condamnée à 3 ans de prison ferme.

Au terme d'un audit couvrant les exercices de 2009 à 2012, la CRC déclare les trois hauts fonctionnaires en charge des finances publiques de Bordeaux "débiteurs" d'un total de 1,809 million d'euros.

Dans son jugement en date du 2 novembre, l'institution régionale dénonce la faillite des contrôles et reproche aux trois comptables publics qui se sont succédé à l'ONB de n'avoir "pas effectué sur les mandats en cause les contrôles qui leur incombaient" et qui auraient permis d'identifier la fraude de Corinne Auguin et de l'empêcher.

Celle-ci avait été condamnée en janvier à trois ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour le détournement, sur 10 ans, de quelque 2,3 millions d'euros, des sommes qu'avec son mari, également condamné, elle utilisait pour leur train de vie.

Son époux Philippe, 55 ans, avait été condamné à deux ans de prison ferme. Le couple avait également été condamné solidairement à verser 2,2 millions d'euros de dommages et intérêts à la Régie de l'Opéra, partie civile, au titre du préjudice matériel.

L'affaire de la régisseuse, dont l'ampleur avait secoué l'Opéra, véritable institution à Bordeaux, avait éclaté en avril 2012 après l'alerte lancée par deux collègues, tombés fortuitement sur un chèque douteux.

L'enquête, puis les aveux progressifs, avaient mis au jour des détournements méthodiques, via des reconstitutions de trésorerie, et une comptabilité double dont la régisseuse tenait les rênes, sans partage.

Lors de son procès, le tribunal avait souligné une série de "défaillance de contrôles" au sein de l'Opéra ayant rendu possibles ces détournements. La régisseuse avait même réussi à duper en 2010 un contrôle de la Cour régionale des Comptes. Des failles si étonnantes que la défense en fit presque un argument d'incitation au détournement.

Invitée par l'AFP à réagir aux sanctions de la Cour régionale des Comptes à l'encontre des trois trésoriers publics, l'actuelle direction de l'Opéra s'est refusée à tout commentaire.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant