Opep-Ryad prêt à produire moins si Téhéran gèle ses pompages-sources

le , mis à jour à 21:33
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 (Actualisé avec source sur une décision peu probable la semaine 
prochaine) 
    par Rania El Gamal et Dmitry Zhdannikov 
    DUBAI/LONDRES, 23 septembre (Reuters) - L'Arabie saoudite a 
proposé de réduire sa production pétrolière si l'Iran accepte de 
plafonner la sienne cette année, ce qui représenterait un 
compromis important apte à soutenir les cours, ont dit à Reuters 
quatre sources proches des pourparlers en cours au sein de 
l'Opep, avant les discussions prévues la semaine prochaine à 
Alger. 
    La proposition, sur laquelle l'Iran doit encore se 
prononcer, a été formulée ce mois-ci, ont ajouté les sources, 
qui ont requis l'anonymat. 
    L'Opep doit tenir une réunion informelle en marge du Forum 
international de l'énergie qui se tiendra à Alger du 26 au 28 
septembre. La Russie, qui n'est pas membre de l'Opep, 
participera aussi au forum.   
    Les pays de l'Opep doivent ensuite se retrouver fin novembre 
à Vienne pour une réunion formelle. 
    "La réunion d'Alger ne débouchera pas sur une prise de 
décision. Elle consistera en des consultations", a dit une 
source proche des positions saoudiennes. 
    Ryad est disposé à ramener sa production à des niveaux 
observés auparavant cette année, pour autant que Téhéran gèle la 
production à son niveau actuel, qui est de 3,6 millions de 
barils par jour (bpj) depuis trois mois, ont précisé les 
sources. 
    "Ils (les Saoudiens) sont prêts à réduire mais l'Iran doit 
accepter un gel", a dit l'une d'elles. Trois autres sources ont 
confirmé que cette proposition avait été soumise à Téhéran. 
    Une source proche des positions saoudiennes a déclaré: 
"Notre objectif est de parvenir à un consensus et d'étudier 
différents scénarios pour les niveaux de production des pays de 
l'Opep. Nous souhaitons une solution crédible et transparente 
qui conduise à la stabilité du marché." 
    Une source proche de la position iranienne s'est refusé à 
commenter les détails de l'offre saoudienne mais n'a pas exclu 
un compromis la semaine prochaine. "Il faut que tout le monde se 
parle face à face", a-t-elle dit. 
    Ni l'Arabie saoudite ni l'Iran n'ont fait de déclaration 
officielle. 
    Les cours du pétrole ont dans un premier temps profité de la 
perspective d'un compromis entre Saoudiens et Iraniens mais 
l'espoir s'est ensuite dissipé et le baril perdait plus de 3% en 
fin de séance.  
     
    UN CHANGEMENT DE CAP DES SAOUDIENS ? 
    A 46 dollars le baril de Brent  LCOc1 , les cours du brut 
sont bien inférieurs au seuil nécessaire pour assurer à la 
plupart des pays de l'Opep une exploitation rentable de leurs 
ressources pétrolières.  
    La production saoudienne a fortement augmenté depuis juin en 
raison de la demande estivale, atteignant un record de 10,67 
millions de barils par jour (bpj) en juillet avant de 
redescendre un peu en août, à 10,63 millions. 
    De janvier à mai, l'Arabie saoudite, de loin le premier 
producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole 
(Opep), avait extrait autour de 10,2 millions de barils par 
jour. 
    L'Iran, pour sa part, a dit vouloir porter sa production à 
quatre millions de bpj même si elle a stagné ces derniers mois 
autour de 3,6 millions, ce qui suggère qu'une augmentation 
supplémentaire pourrait nécessiter de nouveaux investissements.  
    La proposition saoudienne évoquée vendredi pourrait passer 
pour un changement de cap de Ryad qui, jusqu'alors, avait choisi 
de défendre la part de marché au détriment des prix, face, 
notamment, à des producteurs en dehors du cartel tels que les 
Etats-Unis. 
    Cette stratégie a provoqué une cassure au sein de l'Opep, 
dont les Etats les moins riches sont confrontés à une crise 
budgétaire et à des troubles sociaux en raison de la chute des 
cours.  
    Ryad et ses alliés du Golfe ont dû eux aussi se serrer la 
ceinture après des années de dépenses publiques à tout-va, au 
point que tant l'Arabie saoudite que l'Iran semblent être à 
présent un peu plus souples sur la question du soutien des prix 
du marché. 
    Mais une précédente tentative de gel de la production avait 
tourné court en avril; l'Arabie saoudite voulait que l'Iran soit 
partie prenante alors que ce dernier ne voulait pas en entendre 
parler tant que sa production n'aurait pas renoué avec ses 
niveaux antérieurs aux sanctions occidentales. 
     
 
 (avec Alex Lawler; Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le 
service français) 
 

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