Opep-Peu d'espoir de baisse de la production à Vienne

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(Actualisé avec cours §5) par Alex Lawler et Shadia Nasralla VIENNE, 27 novembre (Reuters) - Les pays producteurs de pétrole du Golfe, emmenés par l'Arabie saoudite, ne devraient pas plaider jeudi à Vienne pour une baisse de la production dans l'immédiat, en dépit des appels de certains pays membres de l'Opep à une réduction des extractions afin de tenter d'endiguer la baisse du prix du baril. Un délégué de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a dit à Reuters que le Conseil de coopération du Golfe avait adopté une position de consensus pour ne pas baisser les quotas de production. "L'Opep ne devrait sans doute pas réduire sa production aujourd'hui", a-t-il dit jeudi peu après le début de la réunion de Vienne. Un autre délégué a confirmé cette information et un troisième a dit que le résultat était difficile à prédire. Le ministre saoudien du Pétrole Ali al Naïmi et son homologue des Emirats arabes unis (EAU) ont déclaré mercredi qu'ils s'attendaient à ce que le marché se stabilise de lui-même. ID:nL6N0TG358 L'absence probable de décision à la réunion de l'Opep a fait plonger jeudi le cours du Brent de mer de Nord LCOc1 à un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis 50 mois, soit 75,48 dollars le baril. Il est par la suite repassé au-dessus des 76 dollars et évoluait aux alentours de 76,40 dollars, soit tout de même un recul de 1,35% sur la séance. Les cours pétroliers ont fondu de plus de 30% depuis juin, conséquence de l'explosion du schiste aux Etats-Unis et du ralentissement de la croissance en Europe et en Chine. Si l'Opep, réduisait unilatéralement sa production, qui représente environ un tiers de l'offre mondiale, elle prendrait le risque d'abandonner des parts de marché aux producteurs nord-américains de pétrole de schiste. Si elle décidait au contraire de reconduire les quotas actuels, cela déclencherait dans les faits une bataille pour les parts de marché, selon le ministre iranien du Pétrole Bijan Zangeneh. Les pays producteurs du Golfe disposent de réserves de change qui leur permettent d'amortir une guerre des prix mais celle-ci serait sans nul doute plus douloureuse pour d'autres pays membres du cartel, comme le Venezuela ou l'Iran. CONTRER LE SCHISTE AMERICAIN Le ministre du Pétrole koweïtien Ali Saleh al Omair estime que l'Opep doit accepter le prix du marché, qu'il soit de 60, 80 ou 100 dollars le baril. Son homologue irakien Adel Abdel Mehdi perçoit un plancher pour les cours du brut à 65-70 dollars le baril. "Pour nous, cela veut dire que l'Arabie saoudite tente de faire passer l'idée qu'il faut laisser les cours baisser à court terme, avec un plancher à 60 dollars le baril, afin d'avoir plus de stabilité dans les années à venir, à 80 dollars et plus", dit Olivier Jakob, du consultant Petromatrix. "En d'autres termes, il est de l'intérêt de l'Opep de s'accommoder de prix plus bas pendant un certain temps pour ralentir le développement de projets aux Etats-Unis". L'explosion du schiste aux USA a pris nombre de membres de l'Opep de court, sapant la domination de l'organisation sur le marché en réduisant en particulier sa part de marché. "La façon dont les Etats-Unis produisent est exécrable. Du point de vue des changements climatiques, l'huile de schiste est une catastrophe", a dit le chef de la diplomatie vénézuélienne Rafael Ramirez à la presse. Il a par ailleurs déclaré que son pays proposerait que l'Opep réduise sa production, le marché présentant selon lui un excédent de l'offre de deux millions de barils par jour (bpj). La réduction proposée pourrait atteindre les 5%, ramenant la production du cartel de 30 à 28,5 millions de barils par jour (bpj), soit non loin de la demande projetée par l'Opep l'an prochain. Le ministre du Pétrole algérien Youcef Yousfi a déclaré pour sa part que son pays était prêt à réduire sa production si le cartel décidait de prendre des mesures pour remonter les cours. La Russie, qui produit 10,5 millions de bpj, soit 11% de la production mondiale, a eu mardi des discussions avec plusieurs représentants de l'Opep, dont elle ne fait pas partie. Selon Igor Setchine, le PDG du géant pétrolier russe Rosneft ROSN.MM , Moscou ne baissera pas sa production de brut même si le baril tombe à 60 dollars. Un délégué du Golfe et plusieurs spécialistes de l'Opep pensent que l'organisation reconduira les quotas actuels et soulignera l'importance de mieux respecter le plafond officiel. L'organisation pourrait aussi décider de tenir une réunion extraordinaire si les cours continuaient de baisser. (Claude Chendjou et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat et Patrick Vignal)


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