Open d'Australie: ciel bleu sous une chaleur accablante

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GILLES SIMON PASSE À L'OPEN D'AUSTRALIE MALGRÉ LA CHALEUR
GILLES SIMON PASSE À L'OPEN D'AUSTRALIE MALGRÉ LA CHALEUR

par Eric Salliot

MELBOURNE, Australie (Reuters) - La France, avec six nouveaux qualifiés dans le tableau masculin mardi à Melbourne, autant que la veille, sera la nation la mieux représentée au deuxième tour de l'Open d'Australie, où la chaleur a fait des dégâts.

A croire que les Français, qui seront 12 en lice à partir de mercredi, affectionnent les conditions extrêmes. La canicule a en effet été au centre des discussions, avec un pic à 42,2°C à l'ombre en milieu d'après-midi.

Malgré des malaises ou des effondrements physiques parmi les joueurs, les organisateurs n'ont pas jugé bon d'interrompre les parties ou de dérouler le toit de leurs deux courts principaux.

"Avec deux oeufs, je vous faisais une petite omelette sur le court", a plaisanté Jo-Wilfried Tsonga, tête de série n°10, vainqueur de l'Italien Filippo Volandri en trois sets. "On a l'impression de marcher sur des cendres. Ça brûle la peau, ça ramollit, on a l'impression qu'on ne court pas vite. Mais c'est le tennis."

Le tennis, ce sont aussi des marathons insensés. Au bord du forfait samedi après avoir contracté une entorse à l'avant-pied droit, Gilles Simon (n°18) s'est finalement aligné face à l'Allemand Daniel Brands.

Au bout de 4h32, il a décroché l'une de ses victoires les plus improbables, en cinq manches 6-7 6-4 3-6 6-3 16-14, après avoir sauvé sept balles de match dans deux jeux différents.

"A la base, je ne me sens pas chanceux avec cette entorse contractée jeudi à Kooyong", a dit Gilles Simon.

"La décision d'entrer sur le terrain a été difficile à prendre, j'étais attendu au tournant. Mais aujourd'hui, j'ai eu une réussite énorme. La chaleur empêchait de bien se sentir et mon adversaire s'est crispé. Bref, c'est un petit miracle."

KOH-LANTA

Benoît Paire (n°27) a également souffert de cette canicule. "J'avais l'impression d'entrer dans un four", a-t-il commenté.

S'il a refusé de se laisser frustrer par un niveau de jeu forcément volatile et s'est concentré sur le score pour s'imposer en trois sets face au Canadien Frank Dancevic, il a été marqué par le malaise de son adversaire au milieu du troisième set.

"On lui parlait et il ne réagissait pas. N'est-ce pas un peu dangereux ? On nous envoie un peu à l'abattoir", a-t-il jugé.

Programmé en soirée, Gaël Monfils (n°25) a été plus chanceux et s'est montré autoritaire face à l'Américain Ryan Harrison, dominé 6-4 6-4 6-4.

Enfin, deux modestes Français ont vécu un conte de fées.

Prévenu à la dernière minute qu'il remplaçait en tant que lucky loser l'Allemand Philipp Kohslchreiber, forfait pour blessure, Stéphane Robert, 119e mondial, a su saisir sa chance (7-6 6-3 6-0) face au Slovène Aljaz Bedene.

Quant à Vincent Millot, 267e mondial et issu des qualifications, il a remporté son premier match dans un Grand Chelem en venant à bout en cinq sets de l'Américain Wayne Odesnik (7-5 4-6 6-7 6-1 6-3).

Enrichi du plus gros chèque de sa carrière, environ 39.000 euros, le Dijonnais se frottera au prochain tour à Andy Murray (n°4), qui n'a pas connu de difficultés face au Japonais Go Soeda (6-1 6-1 6-3).

Sous le soleil, Roger Federer (n°6) a aussi été convaincant face à l'Australien James Duckworth. En revanche, Juan Martin Del Potro (n°5) a souffert quatre sets face au jeune qualifié Américain Rhyne Williams.

Quant au numéro un mondial Rafael Nadal, son choc tant attendu face à Bernard Tomic a été avorté. L'Australien a jeté l'éponge à la fin du premier set (6-4) pour une gêne à l'adducteur.

Dans le tableau féminin, Alizé Cornet a profité de l'abandon de son adversaire Polona Hercog, qui n'a pu disputer que six jeux. Kristina Mladenovic, très gênée par la chaleur, a cédé 7-5 7-5 face à la Suissesse Stefanie Vögele.

"J'avais mal à la tête, envie de vomir, ce n'est pas humain de jouer dans ces conditions. Le médecin m'a conseillé d'arrêter mais j'ai préféré continuer car je pensais que les matches allaient être interrompus. Ce n'est pas du tennis, c'est Koh-Lanta !", a déploré la Française.

Edité par Gregory Blachier

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