Open d'Australie: Chardy et Tsonga, à chacun sa montagne

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JÉRÉMY CHARDY FACE À ANDY MURRAY EN QUARTS DE L'OPEN D'AUSTRALIE
JÉRÉMY CHARDY FACE À ANDY MURRAY EN QUARTS DE L'OPEN D'AUSTRALIE

par Eric Salliot

MELBOURNE (Reuters) - Jérémy Chardy et Jo-Wilfried Tsonga se succèderont mercredi sur la Rod Laver Arena avec pour défi de battre Roger Federer et Andy Murray pour se retrouver en demi-finale de l'Open d'Australie comme Arnaud Clément et Sébastien Grosjean en 2001.

Les deux Provençaux avaient à l'époque battu Yevgeny Kafelnikov et Carlos Moya, respectivement 5e et 42e mondiaux. Douze ans plus tard, la double mission qui attend les Français dans leur quart de finale respectif sera autrement difficile.

Pour Jo-Wilfried Tsonga, le numéro un tricolore, il s'agira de rééditer son exploit de Wimbledon en 2011 lorsqu'il avait remonté un handicap de deux manches à Roger Federer (n°2). Un exploit unique jamais revu depuis.

Quant à Jérémy Chardy, 36e mondial, il va s'attaquer à Andy Murray (n°3), vainqueur du dernier tournoi du Grand Chelem, l'US Open, et dont la fraîcheur n'est pas à mettre en doute après sa balade de santé face à un Gilles Simon épuisé au tour précédent.

Depuis quelques jours, le sourire ne quitte plus Jérémy Chardy. Quelques heures après son succès de la confirmation face à l'Italien Andreas Seppi, il a été retenu comme cinquième homme par Arnaud Clément pour la rencontre de Coupe Davis face à Israël, du 1er au 3 février à Rouen.

Sa première sélection, Jérémy Chardy l'avait connue en mars 2011, en Autriche. Appelé "en pompier" pour pallier une avalanche de forfaits, il avait remporté le cinquième match décisif et sauvé la France de l'humiliation.

Et pourtant, à l'époque, il était un homme meurtri. En différend avec son ancien coach, qui lui avait envoyé les huissiers sur un court à Monte-Carlo en 2010, il venait juste d'être recueilli par Patrick Mouratoglou.

FEDERER "TEST ULTIME"

Le pic de la déprime fut atteint en octobre 2011 où il aborda le tournoi de Moscou, au 133e rang mondial avec à ses côtés Kerei Abacar, un coach de l'Académie, devenu comme un frère.

"Jérémy marche à l'affect. Il a besoin de gens qui l'entourent, qui l'aiment. Que ce soit son coach, ses kinés jusqu'au cuistot de l'Académie", explique Kerei Abacar. "Depuis son histoire, il se protège mais il s'est reconstruit assez vite, l'année dernière, il était monté 31e" (à l'ATP).

Quelle que soit l'issue de son quart de finale à Melbourne, Jérémy Chardy est assuré d'être 25e mondial mais il ne se fixe pas de limites.

"Le fait de l'avoir battu l'été dernier à Cincinnati, ça me permet de croire en mes chances. Maintenant, je sais que ce sera difficile : Andy joue pour gagner le tournoi", dit-il.

De son côté, Jo-Wilfried Tsonga escomptait bien être parmi les huit derniers rescapés de cet Open d'Australie.

Dans sa tête, il est conditionné pour avaler les trois derniers obstacles mais le premier est rude.

A 31 ans, Roger Federer n'a rien perdu de sa superbe. Pour preuve, il n'a toujours pas cédé sa mise en jeu

"Roger, c'est celui qu'on attend toujours", dit Jo-Wilfried Tsonga. "Pour moi, c'est un super match, c'est l'occasion de me jauger. C'est même le test ultime, avec Novak et Andy."

Le face-à-face n'est guère encourageant pour Tsonga qui compte huit défaites en dix confrontations face à Federer.

Le n°1 français va s'appuyer sur les conseils de Roger Rasheed, son coach australien, embauché aussi pour détecter les faiblesses de l'ex-numéro un mondial.

Ce match a été programmé en session de nuit et débutera donc mercredi matin à 09h30 heure de Paris.

Edité par Jean-Paul Couret

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