Onu-Les Serbes s'opposent toujours à une résolution sur Srebrenica

le , mis à jour à 16:18
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BELGRADE/SARAJEVO, 7 juillet (Reuters) - La Serbie a averti que l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'un projet de résolution sur le massacre de Srebrenica en juillet 1995 ne fera qu'aggraver les tensions ethniques en Bosnie. Le Conseil de sécurité doit examiner ce mardi le texte préparé par la Grande-Bretagne et qui présente comme un "génocide" ce massacre de 8.000 Musulmans par les forces bosno-serbes lors de la guerre civile en Bosnie. Le projet suscite la colère de Belgrade et des Serbes de Bosnie qui le jugent "anti-serbe" et ont déjà envoyé une lettre de protestation à l'Onu. Les Serbes reconnaissent qu'un "crime grave" a été commis à Srebrenica mais refusent qu'on parle de génocide. Le désaccord sur ce projet de résolution a créé une atmosphère de défiance en Bosnie où le 20e anniversaire du massacre doit être marqué samedi prochain par une cérémonie au cours de laquelle 136 corps récemment identifiés seront inhumés dans le cimetière de Srebrenica où reposent déjà 6.241 victimes. Pour le président de la République serbe de Bosnie, Milorad Dodik, l'adoption de la résolution signifiera "la désintégration de la Bosnie". Londres, pour sa part, affirme avoir préparé ce texte afin d'encourager la réconciliation entre Serbes, Croates et Musulmans de Bosnie. Le projet a été plusieurs fois remanié après que la Russie, alliée traditionnelle de la Serbie, a présenté un texte présenté par Moscou comme plus équilibré. Malgré les modifications apportées par les Britanniques, la Serbie et les Serbes de Bosnie jugent toujours le projet inacceptable et ont demandé au Conseil de sécurité de l'abandonner. Le président serbe Tomislav Nikolic a également écrit à la reine Elizabeth pour lui demander de convaincre le gouvernement de David Cameron de renoncer à son idée. Le mois dernier, le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic avait dit son intention d'assister aux cérémonies à Srebrenica afin de "rendre hommage aux victimes musulmanes et bosniaques". Il a ensuite précisé que sa venue dépendrait de l'adoption ou non de la résolution à l'Onu. Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), institué en 1993 par l'Onu, a jugé pour sa part que le massacre de Srebrenica constituait bien un génocide. (Aleksandar Vasovic et Daria Sito-Sucic; Guy Kerivel pour le service français)

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