Onu et CPI vivement inquiets pour la situation au Burundi

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(actualisé avec CPI et revu tout du long) NAIROBI, 6 novembre (Reuters) - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et la Cour pénale internationale (CPI) se sont déclarés vendredi très inquiets face à la dégradation de la situation au Burundi, appelant les autorités de Bujumbura à éviter de jeter de l'huile sur le feu. Le président burundais, Pierre Nkurunziza, a fixé à samedi l'échéance d'un ultimatum pour que les armes à feu illégalement détenues soient remises aux autorités, faute de quoi leurs détenteurs seront traités en ennemis de l'Etat, cela, dit le gouvernement, pour mettre fin à des mois de violences et de manifestations contre la réélection du chef de l'Etat à un troisième mandat. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir lundi pour examiner la situation au Burundi, a annoncé vendredi le ministère français des Affaires étrangères. Le pays est en proie aux violences depuis la réélection contestée de Pierre Nkurunziza le 21 juillet, pour un troisième mandat, qui, aux yeux de l'opposition, viole la Constitution. "La France est très préoccupée par la dégradation continue de la situation au Burundi, qui se caractérise par la multiplication des actes de violence et des violations des droits de l'Homme", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point presse électronique. "Nous appelons l'ensemble des acteurs burundais, gouvernement et opposition, à faire preuve de retenue et à s'engager dans un dialogue politique, seul à même de surmonter la crise actuelle, dans le respect de l'accord d'Arusha", a-t-il ajouté. Ban Ki-moon a quant à lui réclamé l'arrêt des violences et des "propos incendiaires répréhensibles et dangereux qui ne peuvent qu'aggraver la situation". "Le secrétaire général souligne que les autorités burundaises doivent assurer la protection de la population civile, quelles que soient les sensibilités politiques, et mettre fin immédiatement à la vaste impunité qui prévaut largement malgré ces actes odieux", a ajouté son porte-parole, Stéphane Dujarric. Fatou Bensouda, procureure auprès de la CPI, a déclaré vendredi que ceux qui incitaient à des actes de violences de masse au Burundi étaient "passibles de poursuites devant la cour" de La Haye. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui ces derniers mois le Burundi et se sont réfugiés au Rwanda voisin et dans d'autres pays de la région. Dans les rangs de l'opposition, les militants se disent victimes d'une répression et nombre de personnes ont quitté leurs maisons à Bujumbura ces derniers jours. (Thomas Escritt, avec Jean-Baptiste Vey à Paris; Eric Faye pour le service français)

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