ONG et syndicats interpellent Hollande sur l'immigration

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PARIS (Reuters) - Cinquante organisations s'inquiètent de la politique d'immigration mise en oeuvre par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et appellent François Hollande à en revenir à ses engagements de la campagne présidentielle.

Leur appel répond au petit remaniement de jeudi, qui semble maintenir l'immigration sous le contrôle du ministère de l'Intérieur, alors qu'un changement, assurent-elles, leur aurait été promis.

Dans un communiqué, France Terre d'Asile considère même que "dans le domaine de l'immigration, l'annonce de la composition du gouvernement Ayrault 2 s'inscrit dans une certaine continuité de la gouvernance mise en place par Nicolas Sarkozy".

"Il n'y a là aucun signe encourageant pour la société civile et les défenseurs des droits de l'Homme", écrit l'association, pour qui la personnalité du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, n'est pas en cause.

Les défenseurs des droits de l'homme estiment en effet que la politique d'asile, d'intégration et de santé ne peut être conduite par un ministère chargé du volet répressif de l'immigration.

Dans une lettre à France Terre d'Asile, François Hollande avait jugé "nécessaire de mettre en ouvre une autre politique de l'asile, détachée de la régulation des flux migratoires, par ailleurs nécessaire, car ne relevant pas de la même logique."

Parallèlement, douze syndicats et associations, dont la CGT, la FSU et l'Unef, appellent Jean-Marc Ayrault à jeter les bases d'une nouvelle politique à l'égard des travailleurs migrants sans papiers et des étudiants étrangers.

Réunies au sein de la "Plateforme 12", elles ont adressé fin mai au chef du gouvernement une lettre sollicitant une rencontre rapide sur ce dossier.

Constatant que les élections, tant présidentielle que législatives, sont maintenant passées, elles réitèrent leur appel.

Si les signataires se félicitent de l'abrogation de la circulaire du 31 mai 2011, dite circulaire Guéant, qui restreignait la possibilité pour les étudiants étrangers diplômés de travailler en France, ils souhaitent que le nouveau texte soit rapidement publié pour faciliter son application.

Ils estiment en outre qu'il est temps de jeter les fondements d'une nouvelle politique assurant "l'effectivité de l'égalité de traitement entre Français et étrangers dans les études comme au travail".

Rejetant les accusations de laxisme de la droite, François Hollande avait exclu lors de sa campagne présidentielle toute régularisation massive, assurant qu'il continuerait à examiner la situation des sans papiers au cas par cas, mais sur des critères objectifs.

Il s'était également engagé à limiter l'immigration économique, à travers un débat organisé chaque année au Parlement sur le nombre d'étrangers à accueillir.

Gérard Bon

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