On peut régler le problème des algues vertes en dix ans, dit Foll

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POUR STÉPHANE FOLL, LE PROBLÈME DES ALGUES VERTES PEUT ÊTRE RÉGLÉ EN DIX ANS
POUR STÉPHANE FOLL, LE PROBLÈME DES ALGUES VERTES PEUT ÊTRE RÉGLÉ EN DIX ANS

par Marion Douet et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le problème des algues vertes qui polluent le littoral breton peut être réglé d'ici dix ans grâce au plan de méthanisation des lisiers lancé en mars par le gouvernement, a déclaré mardi Stéphane Le Foll.

Dans une interview à Reuters, le ministre de l'Agriculture a dit espérer que ce plan Energie-méthanisation-autonomie-azote (Emaa) permettrait en outre à la France de combler une partie de son retard sur l'Allemagne dans ce domaine.

L'invasion de portions entières du littoral de Bretagne par des algues vertes est notamment imputée à l'excès d'azote déversé dans les cours d'eau du fait des engrais utilisés par les agriculteurs et de l'épandage de lisiers par les élevages de porcs.

Cette situation a valu à la France des condamnations répétées par la Cour européenne de justice depuis 2007.

L'objectif du plan Emaa est d'investir environ deux milliards d'euros d'ici 2020 dans un millier de méthaniseurs pour transformer la matière organique des troupeaux en énergie et utiliser le reliquat comme fertilisant azoté commercialisable et substituable à l'azote minéral.

"Aujourd'hui en Bretagne, on a de l'excédent d'azote de lisier de cochon, qui va dans les rivières et qui fait des algues vertes alors qu'à 10 km il y a des agriculteurs qui achètent de l'azote minéral et qui l'épandent", a déclaré le ministre.

"Si on se débrouille bien, dans dix ans on peut avoir réglé le problème des algues vertes", a affirmé Stéphane Le Foll, qui parle aujourd'hui de 1.500 méthaniseurs en 2020, voire plus tôt - "Je pense qu'on le fera avant", assure-t-il.

Avec le plan Emaa, "on fait de l'énergie, on fait du fertilisant organique, on le substitue à l'azote minéral, on fait une éponge, on le retient, on le gère beaucoup mieux, et normalement, il ne doit plus aller dans les rivières et se retrouver dans la mer", résume le ministre.

Stéphane Le Foll admet que le soutien des Verts, alliés du Parti socialiste au gouvernement, n'est pas totalement acquis : "Je l'ai sur la méthanisation, je ne l'ai pas sur l'idée que le plan azote va être un changement d'approche par rapport à la question des algues vertes. Là, ils sont bloqués."

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a récemment provoqué la colère des associations de défense de l'environnement en annonçant une simplification des procédures administratives pour les élevages industriels de porc.

ACHETER FRANÇAIS

L'Allemagne a pris une avance considérable sur la France dans le domaine de la transformation des déchets organiques des troupeaux pour faire de l'énergie.

Elle a commencé il y a 10 à 15 ans et dispose aujourd'hui de 7.000 méthaniseurs, dont environ 5.000 de type agricole, souligne le ministre français de l'Agriculture. La France en a "à peine 100", dont 80 agricoles.

Le ministre a passé des contrats pour la construction de méthaniseurs dans les régions Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées, qui s'engagent à passer de huit à 100 unités d'ici cinq ans. Des accords sont également en préparation avec la Bretagne.

Le gouvernement travaille en outre sur des projets avec le groupe GDF Suez, qui impliqueraient les PME et les collectivités locales.

"J'aimerais aussi développer une industrie de la méthanisation française, parce que là on achète allemand", a dit Stéphane Le Foll.

La méthanisation, qui entre dans la catégorie des énergies renouvelables, consiste à transformer par fermentation le lisier en électricité ou en chaleur.

La vente de cette énergie devrait représenter une ressource supplémentaire pour les éleveurs français, qui sont les plus durement touchés par les baisses de revenus dans l'agriculture.

La Cour des comptes a récemment désigné l'énergie éolienne terrestre et la biomasse, qui inclut la méthanisation, comme les énergies renouvelables les plus prometteuses en France.

Avec Sybille de la Hamaide, édité par Yann Le Guernigou

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  • muck12 le mardi 17 sept 2013 à 13:56

    fermer les porcheries qui déjà travaillent a perte

  • M2280901 le mardi 17 sept 2013 à 13:28

    ah bon ! cela fait quarante ans que ça dure