On ne peut exclure le masochisme sur les marchés, dit Cahuzac

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PARIS (Reuters) - Les socialistes ne craignent pas d'attaque de la France sur les marchés financiers en cas de victoire de François Hollande à la présidentielle mais une réaction masochiste de certains opérateurs ne peut être écartée, a déclaré Jérôme Cahuzac, chargé des questions budgétaires auprès du candidat socialiste.

Lors d'un entretien à Reuters, il a réaffirmé l'engagement de François Hollande de ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2013 après 5,2% fin 2011, soit la même trajectoire que celle prévue par Nicolas Sarkozy, et a ajouté que le candidat socialiste avait précisé qu'il prendrait des mesures si la croissance économique était moins vigoureuse qu'espéré.

"Si le choix démocratique des Français se conclut pour les marchés par une volonté masochiste de détruire de la valeur, il est difficile d'empêcher les gens d'être masochistes", a dit Jérôme Cahuzac, qui est également président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

Sans exclure une telle réaction "irraisonnée, passionnelle et masochiste" à court terme, il a jugé qu'il n'y avait pas de raison de craindre un décrochage durable de la dette française.

La gauche ne se laissera pas dicter sa politique par les marchés financiers, a-t-il ajouté.

"Je comprends bien que les marchés financiers voudraient que les retraités aient moins de retraite, que les smicards soient moins payés et que ceux qui vivent dans la précarité connaissent une précarité plus grande encore. Nous les décevrons", a dit Jérôme Cahuzac.

Jean-Baptiste Vey et Matthias Blamont, édité par Yves Clarisse

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  • zoila5 le vendredi 20 avr 2012 à 01:10

    faut pas avoir peur des marchés monsieur cahuzac, hollande sait les dominer. si, hollande ne fait ce que les marchés souhaitent, ils ne prêteront pas un euro... avec 95 milliards de déficit tout le monde ne sera pas payé à la fin du mois...

  • T20 le jeudi 19 avr 2012 à 19:30

    @ hriey: +1, et que cà soit pour l'un, comme pour l'autre !

  • hriey le jeudi 19 avr 2012 à 19:22

    A rouler des mécaniques comme ça, ils risquent un sévère retour de manivelle dont, une fois de plus, nous paierons le prix. N'oublions pas qu'une des composantes de la notation d'un pays est l'aptitude de ses dirigeants à prendre les bonnes décisions et tout particulièrement les plus difficiles. Pas leur capacité à faire des rodomontades.

  • coudyber le jeudi 19 avr 2012 à 19:16

    mais pour faire cette politique Mr CAHUZAC; l'etat ne doit pas avoir besoin de 500M€ d emprunts par jours!pour se pourfendre des creanciers, il faut tout simplement ne rien devoir leur reclamer.