On était au plus gros et au plus fou derby d'Asie

le
0
On était au plus gros et au plus fou derby d'Asie
On était au plus gros et au plus fou derby d'Asie

Ce dimanche, la ville indienne de Kolkata a vibré pour son derby, l'un des plus vieux du monde. La rencontre entre East Bengal et Mohun Bagan comporte son lot d'histoires, entre suicide, identités exacerbées et supporters totalement fous. Et le match s'est terminé par une raclée historique.

Ils sont compressés par dizaines à l'arrière d'utilitaires à ciel ouvert, mais ils s'en fichent. C'est jour de derby. Des camionnettes à perte de vue sillonnent la ville de Kolkata (anciennement Calcutta), avec à leur bord des supporters d'East Bengal, habillés en sang et or, ou de Mohun Bagan, vêtus de bordeaux et vert. Direction le Salt Lake Stadium. Ça gueule, ça chante et ça picole. Les camionnettes les plus tunés diffusent de la musique. On se double et se redouble pour que les supporters puissent se chambrer. "On s'invective, mais ça ne va pas plus loin. Même si on a nos clubs dans le sang et qu'il y a de la tension, on ne se bagarre pas", rigole Sanjay, supporter de Mohun Bagan. Au pire, quelques crachats sur une camionnette adverse.


Si l'Inde est folle du cricket, Kolkata, capitale du Bengale-Occidental, est dingue de football. Et donc de son derby, le plus gros et le plus vieux d'Asie. D'un côté, Mohun Bagan, fondé en 1889, héros de la lutte pour l'indépendance pour avoir battu pieds nus les Britanniques en 1911. En face, East Bengal, issu d'une scission des dirigeants de Mohun Bagan en 1920, et plus titré que son rival. Un match qui attire régulièrement 100 000 spectateurs, avec un pic à 131 000 en 1997. À l'opposé d'une Indian Super League (ISL) sans âme, de ses franchises, ses dollars, ses stars au formol.

"Ils mangent des insectes, ça prouve leur niveau !"


Au-delà de ces simples faits, le derby est avant tout une histoire d'appartenance. "Mohun Bagan est le club des ghotis (natifs en bengali, ndlr), de la partie ouest du Bengale. Après la partition de l'Inde en 1947, les immigrés du Bangladesh (Pakistan Oriental jusqu'en 1971, ndlr) se sont rapidement identifiés à East Bengal", explique Susmita Gangipadhyay, journaliste du quotidien Uttar Banga Sambad. Les deux camps exacerbent ainsi leurs différences de culture. "Les supporters d'East Bengal ? Ce sont juste des réfugiés", se moque Argha, 19 ans. À Kolkata, on ne choisit pas son équipe. Les trajectoires familiales déterminent la couleur du maillot. Le foot et les identités se jouent aussi dans l'assiette. La veille du match, lors du dernier entraînement public de Mohun Bagan, des types sont venus avec des crevettes géantes à la main. Le plat de la victoire. Ce qui fait marrer Avik, supporter sang et or. "Des…




Lire la suite de l'article sur SoFoot.com

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant