On était au derby de Belgrade, au printemps 2015

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On était au derby de Belgrade, au printemps 2015
On était au derby de Belgrade, au printemps 2015

Un match de vilains, de la passion et de la fumée en tribunes, des boucliers anti-émeutes, une Zaz, un Bogdanov et même Mateja Kežman. On était évidemment au derby de Belgrade.

Quoi de plus beau que Belgrade un samedi de printemps ? Les terrasses sont bondées, les familles se promènent au Kalemagdan, les filles aussi, à la fois spectaculaires mais manquant de charme. Les échoppes savent satisfaire le touriste avec ses produits folkloriques nationalistes, dont le hit du moment : le T-shirt Vladimir Poutine. À deux heures du coup d'envoi du 148e derby de Belgrade, le bus bondé partant de Terazije pour le grand rond-point de Slavija s'accomode d'un autre hit : "Je veux", de Zaz, sonnerie d'un téléphone portable, rappelle l'inexplicable succès d'estime de la chanteuse dans les Balkans.
Coup d'envoi retardé d'une heure
Les jours de gros match, Slavija et la remontée du très long boulevard Oslobodjenje marquent une frontière sexuée très nette. Avant : des gens lambda, des jeunes, des vieux, des filles. Après : des mecs en très grande majorité, et des tortues, par équipe de dix, qui scrutent, impassibles, les grappes de types costauds remonter le boulevard. La marche est plus longue pour les Grobari du Partizan, qui ont tout le stade Marakana à remonter pour trouver l'entrée sud, hermétiquement bloquée par une armée de gendarmes mobiles ayant déjà eu besoin de s'employer, croit-on savoir. Sur le trottoir, tandis que les Grobari montent, quelques autres, supporters de l'Étoile rouge, descendent. L'occasion est trop belle pour quelques collectionneurs d'écharpes, au risque de prendre quelques coups de matraque.



Avec une entrée sous pression façon entonnoir et une fouille très minimaliste, voici le Sud, d'où les sièges ont été retirés pour éviter qu'ils finissent en flamme ou en projectile. Descendre une tribune pour retrouver sa place habituelle est tout un spectacle avec ses hiérarchies et ses codes. On croise des visages déjà vus au derby de basket la semaine précédente, aperçoit les banderoles encore à terre, les mégaphones, les types en train d'installer leur bâches minutieusement, les fumi, et les tronches patibulaires de ceux s'apprêtant à organiser l'explosion générale le moment venu. De l'autre côté du stade, ça chauffe déjà. Comme au dernier derby, les Delije de la tribune Nord s'en prennent…






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