On a vécu le Superclásico à la Bombonera

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On a vécu le Superclásico à la Bombonera
On a vécu le Superclásico à la Bombonera

Jeudi soir, une Bombonera spectaculaire accueillait River Plate pour la phase aller de la demi-finale de Sudamericana, la Ligue Europa locale. Un Superclásico fait de bruits, de sensations et de couleurs plus que de jeu, qui aura permis d'évaluer le moment spécial que vit cette rivalité exacerbée. Comme le dit Tata Martino, " le football argentin est apocalyptique. Il est hystérique, tricheur, truqueur. L'esthétique est méprisée. Le résultat cache tout. " Jeudi, à Buenos Aires, le 0-0 l'a plutôt mis en évidence. Passion, peur de perdre et choc de planètes.
En ce jeudi d'un mois de novembre qui cherche le début de l'été à Buenos Aires, le Superclásico commence aux alentours de neuf heures du matin dans un wagon de la ligne du métro reliant le quartier de Palermo au Centro. C'est la rencontre entre un supporter de Boca au maillot violet, qui déguste la fin d'une brique de lait probablement peu écrémé, et un clochard ayant l'écusson de River tatoué sur le bras, assis sur une chaise volée dans un café, en plein milieu du wagon. La suite est folklorique : chants vigoureux, coups de poing virtuels et belles paroles. " Mon pauvre, t'es descendu encore plus bas que la B ", dit le bostero, à qui l'ivrogne répond : " T'as rien compris, l'indien. Le match commence dans 10h ! "

À peu près sept heures plus tard, la Chevrolet de Marcelo, taxi et hincha de Boca, déboule vers le sud de la capitale, mais refuse de s'avancer : " Ce match, je l'ai senti toute la journée dans mon pauvre bide. Mais plus les années passent, plus j'ai appris à prendre les précautions. Je ferme ma bouche et je fais confiance. " Cette saison, c'est-à-dire ce semestre, River joue avec ses pieds tandis que Boca joue avec son bassin. Un classique : le palet footballistique raffiné de la bande rouge, et l'esprit guerrier des Génois. Pourtant, Boca semble bien plus confiant à l'idée de disputer ce match. " De toute façon, quand les deux équipes jouent sur deux planètes différentes, comme ce semestre, le Superclásico dérègle le système solaire et fait en sorte qu'elles se rencontrent violemment l'une contre l'autre quoi qu'il arrive ", poursuit Marcelo. Une histoire de pression : que ce soit une demi-finale, un quart ou un huitième, une victoire est une élimination du rival absolu et donc l'équivalent d'un titre.
" La dernière fois, c'était pour Román "
À deux rues, la Bombonera s'élève majestueusement, avec ses airs de jouet pour adultes. Alors que toutes sortes d'hinchas défilent, des familles aux hommes en costume, en passant par un gang de filles en leggings, deux personnages font contraste : un gorille tatoué effrayant, et Ernesto. Vieil homme moustachu en chemisette, au bob bleu et jaune et au dos courbé, il a interrompu la lecture de son journal pour regarder la foule rêveuse : " Non, ça fait des années que je ne vais plus au stade, je laisse ça pour les jeunes. La dernière fois, c'était pour Román. Mais je passais par là,...



En ce jeudi d'un mois de novembre qui cherche le début de l'été à Buenos Aires, le Superclásico commence aux alentours de neuf heures du matin dans un wagon de la ligne du métro reliant le quartier de Palermo au Centro. C'est la rencontre entre un supporter de Boca au maillot violet, qui déguste la fin d'une brique de lait probablement peu écrémé, et un clochard ayant l'écusson de River tatoué sur le bras, assis sur une chaise volée dans un café, en plein milieu du wagon. La suite est folklorique : chants vigoureux, coups de poing virtuels et belles paroles. " Mon pauvre, t'es descendu encore plus bas que la B ", dit le bostero, à qui l'ivrogne répond : " T'as rien compris, l'indien. Le match commence dans 10h ! "

À peu près sept heures plus tard, la Chevrolet de Marcelo, taxi et hincha de Boca, déboule vers le sud de la capitale, mais refuse de s'avancer : " Ce match, je l'ai senti toute la journée dans mon pauvre bide. Mais plus les années passent, plus j'ai appris à prendre les précautions. Je ferme ma bouche et je fais confiance. " Cette saison, c'est-à-dire ce semestre, River joue avec ses pieds tandis que Boca joue avec son bassin. Un classique : le palet footballistique raffiné de la bande rouge, et l'esprit guerrier des Génois. Pourtant, Boca semble bien plus confiant à l'idée de disputer ce match. " De toute façon, quand les deux équipes jouent sur deux planètes différentes, comme ce semestre, le Superclásico dérègle le système solaire et fait en sorte qu'elles se rencontrent violemment l'une contre l'autre quoi qu'il arrive ", poursuit Marcelo. Une histoire de pression : que ce soit une demi-finale, un quart ou un huitième, une victoire est une élimination du rival absolu et donc l'équivalent d'un titre.
" La dernière fois, c'était pour Román "
À deux rues, la Bombonera s'élève majestueusement, avec ses airs de jouet pour adultes. Alors que toutes sortes d'hinchas défilent, des familles aux hommes en costume, en passant par un gang de filles en leggings, deux personnages font contraste : un gorille tatoué effrayant, et Ernesto. Vieil homme moustachu en chemisette, au bob bleu et jaune et au dos courbé, il a interrompu la lecture de son journal pour regarder la foule rêveuse : " Non, ça fait des années que je ne vais plus au stade, je laisse ça pour les jeunes. La dernière fois, c'était pour Román. Mais je passais par là,...



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