Olofsson anticipe son départ, Plassat devient PDG de Carrefour

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Olofsson anticipe son départ, Plassat devient PDG de Carrefour
Olofsson anticipe son départ, Plassat devient PDG de Carrefour

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Carrefour a annoncé jeudi que son PDG Lars Olofsson, qui devait être remplacé par Georges Plassat le 18 juin, avait souhaité anticiper son départ, rendant immédiatement effective la nomination de son successeur à la tête du groupe de distribution.

Lars Olofsson, dont le remplacement avait été annoncé en janvier, a présenté sa démission lors d'un conseil d'administration réuni le 23 mai et a "fait part aux administrateurs de sa décision de partir à la retraite", indique le groupe dans un communiqué. Le dirigeant a informé le conseil qu'il considérait que "toutes les conditions étaient réunies pour que la période de transition, commencée le 29 janvier 2012, soit achevée par anticipation".

Georges Plassat, directeur général délégué, a donc été nommé PDG avec effet immédiat à l'issue du conseil.

En interne, on souligne que cette longue phase de transition était devenue ingérable entre les deux hommes.

"Plassat avait hâte de prendre les choses totalement en main et la critique en bloc de tout ce que son prédécesseur avait fait était difficile à supporter pour Olofsson", indique-t-on.

La retraite chapeau que devrait toucher Lars Olofsson - alors que le cours de Bourse a perdu près de 40% de sa valeur sous sa direction et que le groupe a signé le triste record de cinq profit warnings en l'espace d'un an - pourrait provoquer un tollé semblable à celui qui avait suivi le départ de Daniel Bernard en 2005, qui avait finalement dû y renoncer.

Cette retraite complémentaire serait comprise, selon les analystes, entre 350.000 et 500.000 euros par an.

Lars Olofsson se verra en outre verser une indemnité de 1,5 million d'euros bruts en cas de respect d'une clause de non concurrence pendant une période d'un an après son départ.

"Après son passage chez Carrefour, on peut penser qu'il n'y aura pas beaucoup de distributeurs pour se l'arracher", observe un analyste qui a souhaité garder l'anonymat.

LARS OLOFSSON ÉCHAPPERA À L'AG DU 18 JUIN

Ce départ anticipé permettra aussi à Lars Olofsson d'échapper à l'assemblée générale des actionnaires prévue le 18 juin, ajoute-t-il.

Carrefour se refusait jeudi à tout commentaire sur les conditions de départ de son PDG.

Georges Plassat, choisi par les grands actionnaires de Carrefour (Colony Capital et groupe Arnault, holding familiale du PDG de LVMH Bernard Arnault) pour redresser le groupe, avait rejoint Carrefour le 2 avril.

Il est précédé d'une solide réputation d'expert de la distribution et des restructurations musclées. Artisan du redressement du distributeur de chaussures et d'habillement Vivarte, il avait massivement taillé dans les coûts et les syndicats de Carrefour disent aujourd'hui redouter de lourdes suppressions d'emplois.

Les marchés attendent maintenant sa feuille de route pour remettre à flot un groupe entravé par nombre d'errements stratégiques et qui ne parvient pas à enrayer l'érosion de ses parts de marché en France, où il réalise encore 40% de son chiffre d'affaires.

"En interne, Plassat a dressé un tableau assez apocalyptique de l'état du groupe. Il a ouvert très grand le parapluie ou bien il a trouvé Carrefour dans un état encore pire que ce à quoi il s'attendait", relève un autre analyste.

La remise à plat des méthodes de gestion, la place du non alimentaire, l'avenir des grands hypermarchés dans les pays matures, le positionnement prix et la stratégie à l'international - dans un marché qui bruisse de rumeurs sur de possibles cessions d'actifs jugés non stratégiques - sont autant de chantiers qui témoignent de l'ampleur de la tâche à accomplir.

Alors que ses performances se sont encore détériorées en France et en Europe du Sud au premier trimestre, l'exercice 2012 s'annonce encore très difficile pour Carrefour, sur fond de dégradation du climat économique en Europe et de baisse de la consommation de produits non alimentaires.

A la Bourse de Paris, le titre Carrefour est inchangé à 14,40 euros à 13h00, dans un marché en hausse de 1,12%.

Le titre, qui plonge de 17,8% depuis le début de l'année, sous-performe lourdement l'indice européen de la distribution qui limite son repli à 5,4% sur la période. Il avait déjà abandonné 25% en 2011.

Edité par Jean-Michel Bélot

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