Olli Rehn contre un nouveau délai budgétaire pour la France

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OLLI REHN HOSTILE À UN NOUVEAU DÉLAI POUR LE DÉFICIT PUBLIC DE LA FRANCE
OLLI REHN HOSTILE À UN NOUVEAU DÉLAI POUR LE DÉFICIT PUBLIC DE LA FRANCE

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne n'a aucune raison d'accorder à la France un nouveau délai pour lui permettre de ramener son déficit public sous la barre des 3% de son PIB, estime Olli Rehn, Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Paris a obtenu en juin dernier une prolongation de deux années pour se mettre en conformité avec les exigences européennes. Le déficit français, de 4,3% en 2013, devra être maîtrisé en 2015.

Le remaniement ministériel intervenu cette semaine après la déroute du Parti socialiste lors des élections municipales a modifié la donne. Le gouvernement dirigé par Manuel Valls a dit qu'il souhaitait renégocier le calendrier estimant qu'un ralentissement dans la réduction des déficits pourrait aider la croissance économique.

Les nouvelles règles communautaires, visant à contrôler les déficits publics après la crise de la dette dans la zone euro, prévoient des amendes en cas de non respect des engagements pris par un Etat membre.

"Si je m'en réfère au pacte de stabilité et de croissance, un nouveau délai pourrait seulement se justifier par des événements économiques inattendus et défavorables avec des conséquences pénalisantes pour les finances publiques", explique Olli Rehn.

"Je ne vois pas de tels événements économiques inattendus et défavorables depuis le mois de juin dernier. Au contraire, la zone euro connaît actuellement une reprise qui va se renforçant", a-t-il ajouté.

Les propos d'Olli Rehn traduisent l'inquiétude de voir un pays comme la France essayer de remettre en cause les règles budgétaires plus strictes du pacte de stabilité.

"Nous devons nous assurer que nous respectons les nouvelles règles d'un pacte plus audacieux parce que justement les décideurs de la zone euro sont conscients des risques et doivent avoir retenu les leçons du passé", a-t-il estimé.

Cette fois, la France n'aura pas l'Allemagne dans son camp. Berlin, redevenu un modèle de vertu budgétaire, ne cesse de répéter que Paris doit tenir ses promesses sur le déficit. Pour Rehn, Paris a tout intérêt à tenir ses promesses.

"L'histoire économique récente montre que ceux qui ont réussi à prendre soin de leurs finances publiques ont des économies plus fortes et une meilleure croissance", a-t-il dit.

"Si vous regardez l'Allemagne ou des pays qui se sont réformés rapidement et efficacement comme l'Irlande, la Lettonie ou même l'Espagne, vous constatez qu'un changement efficace et rapide de la politique fiscale amène de meilleurs résultats que de laisser traîner les choses", a-t-il poursuivi.

Paris doit transmettre fin avril à la Commission européenne les projets fiscaux qu'il entend suivre pour mettre son déficit public en conformité avec les demandes européennes.

(Pierre Sérisier pour le service français)

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  • mlaure13 le samedi 5 avr 2014 à 19:51

    frk987...Tout est dit...:-)))

  • frk987 le samedi 5 avr 2014 à 17:36

    La seule façon de réformer ce pays c'est d'être sous la contrainte de l'UE. Mauvais moment à passer, c'est certain mais indispensable pour l'avenir. 50% de fonctionnaires à virer purement et simplement, supprimer les régimes spéciaux de retraite, revoir complètement l'assurance maladie, le code du travail......etc....tout ça peut être fait en 6 mois avec un gouvernement digne de ce nom mais certainement pas avec l'équipe de nazes en place.

  • frk987 le samedi 5 avr 2014 à 17:31

    Berkowi : on serait fier d'être français si la France se comportait HONNETEMENT et non comme un pays dirigé par des menteurs, des affabulateurs et des enfumeurs. Que ça marche en interne, c'est notre problème, mais en externe il faut être socialo pour oser aller faire la manche à Bruxelles.

  • frk987 le samedi 5 avr 2014 à 17:27

    Que les socialos prennent leurs électeurs pour des c.., c'est leur droit, mais avec l'UE ou la BCE jouer à ce jeu c'est perdu d'avance. Et c'est NORMAL, la politique de l'enfumage n'a pas à être supportée par les pays membres.

  • nono67 le samedi 5 avr 2014 à 17:25

    Pour une fois que bruxelles sert à quelque chose d'utile !

  • berkowi le samedi 5 avr 2014 à 16:52

    Il n'y a pas dire @mlaure13, vous êtes vraiment fier(e) d'être français(e). Ça fait plaisir d'avoir des compatriotes comme vous.

  • 445566ZM le samedi 5 avr 2014 à 16:49

    Vivement un plan Valls, pour demontrer l'efficacité du nouveau gouvernement. Il ne devra pas craindre les meneurs syndicaux, tjrs immobiles. Mme Thatcher a démocratisé la vie des entreprises, elle a fait passer une loi permettant la grève seulement comme resultat de vote des salariés (à bulletin sécrets). Les cegetistes ne sont pas daccord ?

  • M4987923 le samedi 5 avr 2014 à 16:19

    Compte tenu du fait que le Président a été élu par les voix de la Gauche, appuyées par celles de l'Extrême Gauche et d'un partie importance des Syndicats, il en est devenu l'otage et ne peut pas prendre les mesures drastiques qui s'imposaient. Cette situation perdura vu l'impossibilité chronique du Chef de l'Etat de définir une politique cohérente et ferme. Nous allons de compromis en compromis avec un cap qui change en fonction de la pression exercée par la nomenklatura socialiste.

  • mlaure13 le samedi 5 avr 2014 à 15:22

    Absolument OK avec la philosophie de Bruxelles...On est des traînes savates (PS et consort) le seul Pays des cigales du SUD, qui ne veut pas rentrer dans les clous de la sagesse par démagogie et mauvaise gestions des finances du Pays...Honte à nos dirigeants/Rentiers et spoliateurs ...Vivement que nous soyons sous tutelle du FMI/UE !!!...

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