Olli Rehn confiant sur la réforme des retraites en France

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OLLI REHN SE DIT CONFIANT SUR LA RÉFORME DES RETRAITES EN FRANCE
OLLI REHN SE DIT CONFIANT SUR LA RÉFORME DES RETRAITES EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires s'est dit certain mardi que la France adopterait une réforme des retraites ambitieuse tout en se prononçant contre une hausse des cotisations qui nuirait à la compétitivité des entreprises.

Auditionné pendant une heure par trois commissions de l'Assemblée nationale, le Finlandais Olli Rehn a souligné que Bruxelles respectait pleinement le processus de concertation choisi par le gouvernement dans ce dossier.

Cette réforme des retraites figure en bonne place dans les mesures recommandées début mai par l'exécutif européen pour redresser la compétitivité de l'économie française en échange du délai supplémentaire de deux ans, jusqu'en 2015, accordé à Paris pour ramener son déficit public sous 3% du PIB.

"Nous avons recommandé une réforme ambitieuse en ce qui concerne le système de retraites et je suis sûr qu'il y aura une telle réforme en France dans un avenir proche", a-t-il dit avant d'entamer son audition.

Choisissant d'abord le français pour s'exprimer devant les députés, Olli Rehn s'est employé à dissiper les critiques qui s'étaient fait jour en France sur les demandes de la Commission, à commencer par celles du président François Hollande.

"Concernant la réforme du système des retraites, je veux être rassurant. Nous avons présenté des propositions, des recommandations, à présent c'est aux Etats membres de les discuter et de les adopter", a-t-il dit.

Il s'est référé au rapport Moreau remis cette semaine au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui dresse un diagnostic et propose des solutions pour rééquilibrer le régime général des retraites à l'horizon 2020, en soulignant qu'elles étaient "très similaires" à de celles préconisées par la Commission.

"Il appartient désormais au gouvernement, en dialogue avec le Parlement et les partenaires sociaux, d'en tirer les conséquences. La Commission respecte pleinement ce processus tout en présentant des suggestions", a déclaré Olli Rehn.

IMPACT NÉGATIF

Parmi ces "suggestions", il a insisté à nouveau, comme il l'avait déjà fait dans le rapport de la Commission publié début mai, sur la nécessité que le rééquilibrage des comptes sociaux ne se traduise par une hausse des cotisations.

"La Commission croit que le coût du travail doit être réduit, surtout en France où il y a des défis à relever dans le domaine de la compétitivité", a-t-il souligné.

"Accroître les cotisations sociales afin de financer le système de sécurité sociale aurait un impact négatif sur la compétitivité de la France et de son marché du travail et donc devrait être évité si possible", a-t-il dit.

Au bout du compte, il a fait valoir que les recommandations faites le mois dernier par Bruxelles à la France pour améliorer la compétitivité de son économie et créer des emplois n'étaient pas vraiment nouvelles, ayant déjà été présentées ces trois dernières années mais "peut être pas de façon aussi précise que cette fois".

"Nous travaillons très bien avec le gouvernement français", a-t-il encore assuré en saluant les efforts engagés pour redresser les finances publiques.

Pour compléter son travail de réconciliation, Olli Rehn a tenté de désamorcer la polémique suscitée par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a critiqué l'attitude "réactionnaire" de la France sur les négociations pour un accord de libre-échange américano-européen.

"Je pense que le mot de M. Barroso a été mal interprété, je suis le témoin de l'attachement de M. Barroso à la France", a-t-il dit.

Ingrid Melander, Yann Le Guernigou édité par Yves Clarisse

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