Olivier Roy : dissoudre les mosquées radicales "ne servirait à rien"

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Un musulman indonésien prie pendant le mois de Ramadan dans une mosquée de Subaraya, le 8 juillet 2015.
Un musulman indonésien prie pendant le mois de Ramadan dans une mosquée de Subaraya, le 8 juillet 2015.

Politologue, spécialiste de l'islam, Olivier Roy est professeur à l'Institut universitaire européen de Florence, où il dirige le Programme méditerranéen. Auteur aux éditions du Seuil de la Sainte Ignorance (2008) et d'

En quête de l'Orient perdu

(2014), il a publié le 25 novembre dans Le Monde une longue tribune où il revient sur le sens à donner à ses yeux aux attaques de Paris.

Le Point : Les attentats du 13 novembre ne montrent pas selon vous la radicalisation de l'islam, mais l'islamisation de la radicalité. Qu'entendez-vous par là, et quel lien faut-il faire, alors, entre ces attaques et l'islam radical ?

Olivier Roy : Je ne nie pas la radicalisation de l'islam, elle existe. On voit se développer depuis une vingtaine d'années les formes fondamentalistes du religieux, chez les musulmans comme chez les juifs et les chrétiens. Le salafisme en France reste toutefois assez soft. Si les propos de l'imam de Brest sur la musique scandalisent autant, c'est aussi qu'on a oublié ce qu'était un religieux conservateur : je ne suis pas certain que le discours d'un rabbin Loubavitch soit très différent. Ceci dit, ce ne sont pas ces gens-là qui passent à la violence politique. La trajectoire des terroristes est claire sur ce point. Ils puisent au référentiel salafiste, en adoptent le "look", mais ils n'ont en...

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