Olivier Bohuon (Smith & Nephew), candidat crédible pour Sanofi

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* Bohuon est le DG de Smith & Nephew depuis 2011 * Un Français apprécié, au parcours très international * Pascal Soriot, DG d'AstraZeneca et Bernard Poussot (ex-Wyeth) également cités par Natalie Huet et Sophie Sassard PARIS, 4 novembre (Reuters) - Le français Olivier Bohuon, actuel patron du groupe britannique Smith & Nephew SN.L , est vu comme un candidat crédible pour prendre la tête de Sanofi SASY.PA , dont le directeur général a été évincé la semaine dernière, estiment des bons connaisseurs de l'industrie pharmaceutique. Doté d'une solide expérience du secteur en France, dans le reste de l'Europe, au Maghreb, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, il occupe depuis 2011 le poste de directeur général du spécialiste britannique des prothèses du genou et de la hanche. Selon des analystes, Olivier Bohuon remplit de nombreux critères pour être le remplaçant idéal de Chris Viehbacher tant aux yeux des membres du conseil d'administration que des actionnaires du groupe pharmaceutique français. "Il y a une logique forte pour le nommer à la tête de Sanofi. Il est a mi-chemin chez Smith & Nephew. Après, savoir s'il est prêt à partir, c'est une autre question. Reste que pour un Français, Sanofi, c'est très tentant", déclare Savvas Neophytou, analyste pharmaceutique chez Panmure Gordon. Le conseil de Sanofi a limogé brutalement mercredi Chris Viehbacher, lui reprochant une gestion en solitaire et un manque de communication. ID:nL5N0SO0IX Le groupe français, qui n'a pas de successeur désigné, a depuis recruté le cabinet de chasseur de tête Egon Zehnder pour en trouver un, selon le quotidien Le Figaro. Egon Zehnder a refusé de commenter cette information. Le président de Sanofi, Serge Weinberg, qui assure également à titre intérimaire la direction générale du groupe, a indiqué la semaine dernière que le conseil s'orientait a priori vers un candidat externe, doté d'une solide expérience dans l'industrie pharmaceutique, et a précisé que sa nationalité ne serait pas un critère de sélection. Reste que pour beaucoup d'investisseurs, le conseil de Sanofi, essentiellement composé de Français, pourrait privilégier une candidature tricolore afin d'éviter les chocs de culture qui ont contribué à la disgrâce du germano-canadien Chris Viehbacher, premier étranger à avoir dirigé Sanofi. Le nom de Pascal Soriot, directeur général français d'AstraZeneca AZN.L , est également cité. Mais son départ est jugé improbable par des analystes, quelques mois seulement après le rejet de l'offre de Pfizer PFE.N sur AstraZeneca et alors que l'éventail des produits contre le cancer du groupe est jugé très prometteur. ID:nL6N0OC3MU De plus, diriger Sanofi ne représenterait pas pour lui une évolution de carrière majeure. Alors que pour Olivier Bohuon, passer d'un groupe valorisé quelque 12 milliards d'euros à un autre de près de 100 milliards serait une belle promotion. SUSCEPTIBILITÉS FRANÇAISES Olivier Bohuon, 55 ans, ancien élève des prestigieux lycées parisiens Montaigne et Louis-Le-Grand, diplômé de la faculté de pharmacie de Paris, semble en outre bien armé pour comprendre et gérer les susceptibilités françaises. De ce point de vue, Chris Viehbacher a souvent été perçu en France comme trop brutal en matière de suppressions d'emplois et maladroit en éloignant le centre de gravité du groupe de Paris pour le rapprocher de Boston, où se trouve le siège de sa filiale de biotechnologies Genzyme. Le parcours international d'Olivier Bohuon plaide également en sa faveur car les investisseurs pourraient craindre que Sanofi ne redevienne une société franco-française, alors que l'un des éléments portés au crédit de Chris Viehbacher est d'avoir donné au groupe une dimension vraiment internationale. Olivier Bohuon a travaillé notamment pour le laboratoire américain Abbott ABT.N et a dirigé les opérations européennes du groupe britannique GlaxoSmithKline GSK.L . En France, il a dirigé brièvement, pendant cinq mois seulement, le groupe français Pierre Fabre. "Je pense qu'il a fait un travail formidable en redressant Smith & Nephew et il est très apprécié par les investisseurs", déclare un analyste, qui a entendu le nom d'Olivier Bohuon cité par plusieurs gérants de portefeuille et a requis l'anonymat. Son expérience dans les équipements médicaux pourrait également être précieuse pour le pôle diabète de Sanofi, qui représente près d'un cinquième du chiffre d'affaires du groupe. Sanofi souhaite développer son offre dans ce domaine et proposer de nouveaux systèmes d'injection d'insuline permettant notamment aux patients de contrôler plus facilement leur taux de glucose dans le sang. Le nom d'un autre Français circule également, celui de Bernard Poussot, ancien PDG du groupe pharmaceutique américain Wyeth. Dans une note diffusée la semaine dernière, Seamus Fernandez, analyste chez Leerink, estimait que ce serait un "très bon choix". A 62 ans et déjà à la retraite, il pourrait toutefois être jugé un peu trop âgé pour occuper ce poste. Selon les analystes, il est peu probable que Sanofi nomme un nouveau directeur général avant début 2015. Serge Weinberg a indiqué que le conseil chercherait à aller le plus vite possible mais prendrait le temps nécessaire pour trouver la perle rare. Olivier Bohuon a refusé de s'exprimer sur la question de son éventuelle candidature lors de la présentation jeudi dernier de solides résultats trimestriels de Smith & Nephew. La direction de la communication de Sanofi a également refusé de s'exprimer sur ce sujet. (Avec la contribution de Ben Hirschler à Londres, Jean-Michel Bélot pour la version française, édité par Benjamin Mallet)


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  • ddord le lundi 10 nov 2014 à 16:33

    Je suis le parcours professionnel d'Olivier Bohuon depuis 25 ans.C'est un dirigeant exceptionnel. Il a toutes la compétence et l'expérience au niveau mondial pour diriger Sanofi.Je ne vois aucun autre à ce niveau et de cette génération.