Olam plante des palmiers au Gabon

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(Commodesk) Après Felda, le négociant indo-singapourien Olam lève à son tour 185 millions d'euros pour créer de vastes plantations de palmiers à huile au Gabon.

Grace à un prêt de la Banque de Développement des Etats d'Afrique Centrale (BDEAC), associé à BGFI Bank, Afreximank et Ecobank Capital, la filiale Olam Palm Gabon va planter dans une première phase 20.000 hectares à Kango (province de l'Estuaire) et 30.000 à Mouila (province de Ngounié, sud du Gabon). Elle doit aussi construire une usine de raffinage d'huile de palme, d'une capacité d'un million de tonnes par an, à Kango, qui traitera la production de la palmeraie locale. Ce grand chantier en partenariat avec l'Etat gabonais (pour 30%) comprend une pépinière d'un million de graines et plus de 87 000 plants. Une seconde phase prévoit le développement de 150.000 hectares plantations de palmiers dans les régions de Lambaréné (centre), Tchibanga et Mayumba (sud).  Pour une fois, l'investissement ne porte pas sur le pétrole, soulignent les partenaires bancaires.

La coentreprise à capitaux publics et privés met en avant les aspects sociaux du dossier. Avec la pépinière et la plantation de palmiers à Kango sont prévues la construction de 400 logements et d'infrastructures sociales (église, mosquée, centre de premiers soins). Le projet est pourtant loin de s'inscrire dans une optique de développement durable, d'après les ONG locales, même s'il est étiqueté RSOP (label huile de palme durable, ouvrant le marché européen).

En effet, sur les dizaines de milliers d'hectares maintenant dévolus à la palme ou aux hévéas poussaient auparavant des cultures vivrières,  bananiers, caféiers et cacaoyers. Or, le Gabon importe la plupart de ses produits alimentaires du Cameroun voisin. Plutôt que la sécurité alimentaire, le pays a choisi l'agro-industrie, avec des attributions de terres arables dénoncées par les ONG. Le groupe environnemental local Brainforest estimait en mars que l'implantation par Olam de 28.000 hectares d'hévéas dans la province du Woleu-Ntem au nord du pays s'était faite sans concertation.

D'après Raphaël Abouba, responsable de la procédure de "consentement libre informé préalable" (CLIP) pour Olam Gabon, « il n'y a pas eu de délogements et des zones tampons ont été aménagées afin de permettre le développement de cultures vivrières (manioc, bananes plantain, ananas, légumes...) ».

Le président Ali Bongo a signé avec Olam à Singapour en novembre 2010 un programme d'investissement de 1,25 milliards d'euros, comprenant des plantations d'hévéas et de palmiers à huile sur 300.000 hectares, et une usine d'engrais dans la zone franche de l'île de Mandji, à Port-Gentril.
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