Ogier : " C'est quasiment fait "

le
0
Ogier : " C'est quasiment fait "
Ogier : " C'est quasiment fait "

Il vous manque un petit point pour être sacré champion du monde mais il reste tout de même trois rallyes?Exactement. On a connu une fin de rallye un peu bizarre en Australie. On a été champions virtuels tout le week-end alors que finalement, au dernier moment, le classement final est un peu chamboulé à cause de la crevaison d'Hirvonen dans la dernière spéciale. Du coup, il nous manque un petit point. Ce qui fait qu'on était presque déçu à l'arrivée du rallye. On venait pourtant de réaliser un week-end parfait avec 19 victoires sur 22 spéciales. Mais c'est vrai qu'à l'arrivée le sentiment était un peu mitigé.On dit que vous avez une soif hallucinante de victoire. Ça se témoigne comment ?J'ai énormément de motivation, ça c'est sûr. Quand je m'engage sur une compétition, c'est toujours pour essayer de la gagner. D'autant plus après la saison de transition qu'on a faite l'année dernière en rejoignant Volkswagen. Le fait d'attendre pendant tout ce temps et de préparer le futur m'a donné encore plus les crocs. Cette année, je suis revenu ultra motivé avec l'envie de tout gagner.Pour être champion du monde, il faut aussi savoir lever le pied un peu. Vous y arrivez ou pas encore ?(Rires). C'est sûr qu'il faut être intelligent. On a fait une très belle saison jusqu'ici. On a justement su être intelligent sur le premier rallye de l'année, à Monte Carlo, où on se retrouve rapidement deuxième derrière Sébastien Loeb, qui ne fait pas tout le championnat. Du coup, on ne l'a pas du tout calculé du week-end et on avait pour seul objectif de garder cette deuxième place. En Argentine, pareil. Au début du rallye, on est en tête rapidement. Puis, on fait une petite erreur à cause d'un problème de frein à main qui nous coûte une quarantaine de secondes. Et après ça, on est capable de gérer et d'assurer la deuxième place. C'est dans les moments comme ça qu'on a réussi à avoir cette intelligence de course qui fait qu'on se retrouve quasiment champion avec une excellente saison derrière nous.Cette semaine vous avez dit « pour moi, c'est fait ». Justement, à quel moment vous êtes-vous dit « c'est fait » ?Dans la mesure où il reste trois rallyes à disputer et que j'ai l'équivalent de quasiment trois victoires et trois « power stages » d'avance, il faudrait, pour que je ne sois pas champion aujourd'hui, que je ne marque plus aucun point lors des trois dernières manches et que mon rival direct au championnat, Thierry Neuville, gagne les trois rallyes.Ce qui est impossible?Ce n'est pas impossible mais c'est très, très peu probable.Dans votre tête, vous êtes déjà un peu champion du monde?On ne peut jamais le dire tant que ce n'est pas mathématiquement fait. Mais honnêtement, c'est quasiment fait.Si on vous dit : neuf titres de champion du monde (le record de Sébastien Loeb). Cela vous parle ?Effectivement. C'est sûr que ça me parle. C'est la référence dans ce sport et le record. On peut s'attendre à une belle bagarre avec Sébastien Loeb lors du prochain rallye, celui de France. Lui vient pour faire le show mais il ne va certainement pas vous laisser gagner. Comment fait on pour ne pas laisser dire « c'est encore Loeb qui a gagné » ou encore « c'est parce que Loeb n'est pas là qu'il est champion du monde » ? Vous pouvez même le laisser gagner, finir deuxième et terminer champion du monde.Exactement. Mais c'est vrai que mon tempérament m'empêche de viser seulement la deuxième place. Quand je m'engage dans une compétition, c'est pour gagner. Sébastien Loeb sera là. Il va donc essayer d'être performant, comme il l'a toujours été lors des dix dernières années. C'est sûr qu'il y aura une grosse bagarre. Pour autant, je n'ai rien à prouver et je ne me sens pas le besoin de prouver lors du rallye de France que je peux le battre. Lors de nos dernières confrontations, ça a toujours été très serré. Une fois il gagne, l'autre c'est moi. Quoi qu'il arrive en France, je crois que mon titre de champion du monde sera mérité. On aura été le chercher mais c'est sûr qu'on va essayer de finir sur une bonne note. Mais avant tout, on sait qu'il y aura une belle bagarre et un beau spectacle au rallye de France.Justement, où en êtes-vous avec Sébastien Loeb ? On sait que ça a parfois été un peu compliqué. Vous échangez encore ?Bien sûr. C'est loin derrière nous les histoires de 2011. Il y a eu des tensions cette année là. Mais c'est aussi ce qui m'a fait progresser et arriver au niveau où je suis aujourd'hui. J'en garde surtout le positif et je suis très heureux qu'il revienne ce week-end. Ça va être une belle bagarre et je suis excité d'être au départ du rallye de France.Olivier Quesnel disait lundi que vous étiez potentiellement plus fort que Loeb au même âge. Qu'en pensez-vous ?C'est toujours difficile de comparer. On a quasiment une génération d'écart. Pour réaliser ce qu'il a fait, ça va être compliqué. Ce n'est pas forcément mon objectif aujourd'hui. Je ne sais pas si je vais faire 10 ans en WRC, mais bon? On est champion du monde à 29 ans. Lui, il l'a été à 30. On va dire qu'on est sur les mêmes bases. Après, pour réaliser ce qu'il a fait, ça va forcément être compliqué.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant