OFI ? Macif Gestion : " Nos encours ISR pourraient facilement doubler"

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(NEWSManagers.com) - Aujourd' hui, OFI Asset Management gère 11,5 milliards d' euros en investissement socialement responsable, un montant qui pourrait augmenter dans les prochaines années à la faveur de conversion de mandats, indique Eric Van Labeck, dans un entretien à Newsmanagers. Pour lui, l' ISR a vocation à se diffuser à l' ensemble de la gestion des actifs.


Newsmanagers : Comment Macif Gestion est-elle devenue le pôle ISR d' OFI ?



Eric Van Labeck : Au préalable, je voudrais rappeler que Macif Gestion a été un précurseur de l' investissement socialement responsable (ISR). La société de gestion a été créée en 1997 avec comme objectif de faire de l' ISR.
La structure a intégré le groupe OFI en octobre 2010 et est devenue le pôle d' expertise ISR du groupe. Cette équipe comprend aujourd' hui sept personnes, dont cinq analystes qui travaillent à plein temps sur les valeurs. Avec l' aide de fournisseurs externes (MSCI, Vigeo et Ethifinance), ils étudient les entreprises de moyenne et grande capitalisations ainsi que les Etats. Notre rôle est de mettre à la disposition de l' ensemble des gestions d' OFI notre analyse, qui est ensuite intégrée dans les processus d' investissements.


NM : Irriguez-vous donc l' ensemble de la gestion d' OFI ?


E. V. L. : Nous irriguons essentiellement la gestion ISR d' OFI ainsi qu' une partie de la gestion qui n' est pas labellisée ISR.



NM : Quel encours représente cette gestion ISR ?


E. V. L. : Elle représente 3 milliards d' euros si on compte uniquement nos six fonds ouverts (trois Macif et trois OFI). Avec les mandats institutionnels sur mesure, on monte à 11,5 milliards d' euros, sur un encours total géré par OFI AM de 47,3 milliards d' euros au 30 novembre 2011. Ce montant " ISR " pourrait facilement doubler car des mandats pourraient prochainement être convertis à l' ISR. Certains institutionnels y songent.



NM : Quelle sont les exigences des institutionnels français en matière d' ISR ?


E. V. L. : Ils ont besoin d' avoir un référentiel qui leur est propre afin de coller de façon fine à leur vision et à leur engagement citoyen. Aujourd' hui, nous observons qu' ils ont tendance à construire ce référentiel à partir du respect des traités internationaux (normes OIT?). En termes de thématiques, ils privilégient les droits humains.


NM : Pratiquent-ils l' exclusion ?


E. V. L. : Certains bannissent des secteurs. Mais on assiste davantage à l' exclusion d' entreprises particulières. En général, leurs portefeuilles sont gérés selon une approche " best in class" .


NM : Comment évaluez-vous les Etats ?


E. V. L. : C' est relativement plus simple que pour les actions, car nous disposons de données historiques. A partir de cela, on peut construire un référentiel très cohérent, ce que nous avons fait.


NM : Cela donne-t-il des résultats ?


E. V. L. : Oui on constate le caractère presque prédictif des référentiels ISR. Si vous regardez les gouvernements des Etats qui ont une bonne capacité à gérer les crises, tout cela se retrouve dans les spreads des Etats. Cela corrobore la situation actuelle.


NM : La gestion non ISR commence-t-elle à s' intéresser à cela ?


E. V. L. : Oui. La gestion non ISR commence à regarder nos analyses. Nous avons même des demandes particulières pour des études et même sur les pays émergents.


NM : Vous intéressez-vous justement aux pays émergents ?


E. V. L. : Oui clairement, côté obligations. Mais pour les actions, nous n' en sommes encore qu' au début. En effet, nous manquons encore de données. Il faut bien voir que l' ISR s' est construit sur un référentiel européen. Cela n' est pas forcément facile à appliquer à d' autres univers géographiques !


NM : Du fait de la crise, percevez-vous un intérêt plus marqué pour la gestion ISR ?


E. V. L. : Ni plus marqué, ni moins marqué. L' ISR fait partie des sujets récurrents. Quoi qu' il en soit, avant, on reprochait à l' ISR de ne pas bien performer. Aujourd' hui, rien ne performe?


NM : Comment voyez-vous l' avenir de l' ISR ?


E. V. L. : Le succès de l' ISR sera la fin de l' ISR. Il restera bien sûr un ISR de conviction, où l' on pratiquera l' exclusion. Mais le reste aura vocation à se diffuser à l' ensemble des gestions. Mais le problème pour arriver à cela reste l' accès à l' information.

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