Offres publiques et IPO : la Bourse de Paris retrouve enfin des couleurs (Ricol Lasteyrie Corporate Finance)

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25 introductions en Bourse ont été recensées en 2014 sur Euronext et Alternext
25 introductions en Bourse ont été recensées en 2014 sur Euronext et Alternext

Des offres publiques moins nombreuses mais plus importantes en capital, un secteur informatique en effervescence, des IPO plus nombreuses etc. Le constat dressé par Sonia Bonnet-Bernard, Associée-Gérante de Ricol Lasteyrie Corporate Finance, est plutôt encourageant.

En matière d’offres publiques, l’année 2014 offre un résultat en trompe l’œil. En effet, si le nombre d’offres recensées à la Bourse de Paris a reculé de 8 %, soit un total de 34 offres, le montant de capital acquis au cours de ces opérations, véritable baromètre du dynamisme des offres publiques a, quant à lui, quasiment quadruplé à 3,2 milliards d’euros, selon le 6ème Observatoire des Offres Publiques* publié par Ricol Lasteyrie Corporate Finance. Cette progression s’explique par la présence dans le palmarès d’opérations significatives sur le capital de cinq sociétés dont la valorisation dépasse le milliard d’euros – contre aucune l’année précédente -, dont l’OPE de Bolloré sur Havas, opération la plus importante de l’année.

Ce regain d’activité se reflète dans le retour de batailles boursières, quasiment disparues depuis la crise de 2009. Il y eut bien sûr les dix-huit mois de lutte, et sept surenchères, pour le contrôle de Club Med. Une bataille qui aura davantage profité aux actionnaires du groupe de loisir qu’à la société elle-même. Il a également fallu trois surenchères pour départager SMABTP et l’homme d’affaires Chuc Hoang qui s’opposaient pour le contrôle de la Société de la Tour Eiffel. Notons au passage que la bataille la plus importante de l’année s’est toutefois déroulée hors bourse. Il s’agit de celle qui a opposé Numericable et Bouygues pour l’achat de SFR, filiale de Vivendi.

Enfin, l’activité a bénéficié d’une effervescence certaine dans les secteurs de l’informatique et de l’immobilier. On ne compte pas moins de huit offres publiques dans l’informatique, ce qui en fait le secteur le plus représenté dans le palmarès 2014. Les grandes manœuvres se sont étendues à des poids lourds tels que Capgemini, Sopra, Steria, Atos et Bull lancés dans une course à la taille critique. De même, la consolidation du secteur immobilier s’est poursuivie l’an dernier avec sept opérations dont deux particulièrement remarquées : l’OPA sur la Société de la Tour Eiffel et l’offre d’Eurosic sur SIIC de Paris.

Comparaison avec Londres et Francfort

L’animation de la cote l’an dernier s’est également traduite par une hausse sensible du nombre d’introductions en bourse sur les marchés Euronext et Alternext (hors transferts) : 25 nouvelles cotations contre 15 l’année précédente. Petit bémol, tout de même : les IPO sur ces deux marchés se sont concentrés sur une courte période allant de février à juillet 2014, une saisonnalité qui s’explique par la chute des cours de bourse à partir de l’été et des déceptions suite aux parcours boursiers d’un certain nombre de sociétés introduites au cours du printemps. A fin janvier 2015, seules quatre sociétés sur 26 affichaient une progression par rapport à leur cours d’introduction.

Une nouveauté cette année dans l’Observatoire des Offres Publiques : nous avons comparé le nombre d’IPO à Paris avec celui des opérations enregistrées à Londres et à Francfort. Sans grande surprise, le London Stock Exchange distance nettement Euronext Paris. Ainsi, le LSE a enregistré l’an dernier 146 introductions en bourse (nous n’avons retenu que les IPO de sociétés britanniques), près de 6 fois plus qu’Euronext : 51 IPO sur le Main market, l’équivalent d’Euronext, et 95 sur l’Alternative Investment Market (AIM), l’équivalent d’Alternext. Le contraste est également saisissant en matière de financement par les marchés les entreprises ayant réalisé leur IPO à Londres en 2014 ont placé 15,3 milliards d’euros en actions sur le marché, alors que le total à Paris s’est élevé à 4,3 milliards.

La comparaison avec Francfort est plus flatteuse. Euronext Paris et Deutsche Börse sont des marchés assez comparables tant du point de vue des introductions en bourse que des montants placés. En 2014, on constate toutefois un léger avantage en faveur de Paris avec 25 IPO sur Euronext et Alternext contre 15 sur Xetra, le marché de Francfort, et 4,3 milliards d’euros placé contre légèrement plus de 3,5 milliards.

*L’Observatoire des Offres Publiques recense et analyse chaque année l’ensemble des offres publiques portant sur les actions de sociétés cotées en France et soumises à l’Autorité des Marchés Financiers.

Paris vs. Londres
Paris vs. Londres

Paris vs. Francfort
Paris vs. Francfort