Offensive turque contre l'EI en territoire syrien

le , mis à jour à 14:10
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    * Joe Biden en visite en Turquie 
    * Cavusoglu somme les Kurdes de rester à l'est de l'Euphrate 
    * Les troupes turques appuyées par l'aviation de la 
coalition 
 
 (Actualisé tout du long) 
    par Ayla Jean Yackley et Umit Ozdal 
    ISTANBUL/KARKAMIS, Turquie, 24 août (Reuters) - Les forces 
turques et les avions de la coalition internationale ont lancé 
leur première offensive coordonnée contre l'Etat islamique dans 
le nord de la Syrie, mercredi, pour tenter de repousser les 
djihadistes loin de la frontière turque. 
    La Turquie vise également à empêcher les miliciens kurdes de 
poursuivre leur progression. Le chef de la diplomatie, Mevlüt 
Cavusoglu, a sommé les combattants kurdes, qui multiplient les 
victoires dans le nord de la Syrie, de se replier à l'est de 
l'Euphrate, faute de quoi la Turquie "fera le nécessaire". 
    Des unités de blindés turques et des rebelles syriens 
soutenus par Ankara sont entrés en Syrie pour chasser les 
djihadistes de l'EI de la ville-frontière de Djarablous, dit-on 
on de source militaire. 
    Les frappes aériennes ont atteint jusqu'à présent 12 
objectifs de l'EI et les tirs d'artillerie en ont frappé 70, 
précise-t-on. 
    A Damas, le ministère syrien des Affaires étrangères a 
condamné l'incursion militaire turque, parlant d'atteinte à la 
souveraineté du pays, a rapporté la télévision officielle 
syrienne. 
    Côté kurde, Saleh Mouslim, chef du Parti de l'Union 
démocratique (PYD), a déclaré sur Twitter que la Turquie mettait 
en Syrie le pied dans un "bourbier" et risquait d'y subir une 
défaite, tout comme l'EI. La milice kurde YPG a parlé 
d'"agression flagrante dans les affaires intérieures de la 
Syrie". 
    Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que 
l'opération visait l'EI mais aussi le PYD, dont les victoires 
dans le Nord syrien alarment Ankara déjà aux prises avec les 
séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Or, 
Ankara considère le PYD comme le prolongement du PKK, ce qui 
place les Turcs en porte à faux avec les Américains, lesquels 
voient dans le PYD un allié face à l'EI. 
    "A 04h00 ce matin, des opérations ont débuté dans le nord de 
la Syrie contre des groupes terroristes qui menacent constamment 
notre pays, tels que Daech et le PYD", a dit le président 
Erdogan.  L8N1B524Y  
    Les Unités de protection du peuple (YPG), aile militaire du 
PYD, se sont emparés mardi de la quasi-totalité de la ville de 
Hassaka, où elles ont infligé une sévère défaite aux forces 
pro-gouvernementales. 
     
    BIDEN ARRIVE APRÈS LE DÉBUT DE L'OFFENSIVE 
    Pièce maîtresse de la campagne américaine de lutte contre le 
EI, elles tiennent une bonne part du nord de la Syrie, région 
qui jouit d'une autonomie de fait depuis le début du conflit, et 
militent pour l'instauration d'un régime fédéral afin de 
préserver cette autonomie, dans le cadre d'un règlement du 
conflit. 
    Elles contrôlent une bande de 400 km le long de la frontière 
turque, qui va de la frontière irakienne à l'Euphrate, ainsi 
qu'une poche appelée Afrin dans le Nord-Ouest syrien. Avant la 
prise d'Hassaka, les miliciens kurdes avaient déjà obtenu une 
grande victoire le 12 août en reprenant Manbij, 40 km au sud de 
Djarablous, à l'EI, sous la bannière des Forces démocratiques de 
Syrie (FDS), l'alliance soutenue par les puissances occidentales 
à laquelle ils appartiennent. 
    A Ankara, on redoute que leurs succès n'attisent les 
ambitions de leurs frères turcs du PKK, qui ont repris les armes 
en juillet 2015 lorsque que Recep Tayyip Erdogan s'est lancé 
dans une "guerre synchronisée" contre l'EI et les séparatistes. 
    Le vice-président américain, Joe Biden, est arrivé en 
Turquie quelques heures après le début des opérations. Il est le 
plus haut responsable américain en visite dans ce pays depuis le 
coup d'Etat manqué du 15 juillet. 
    "Bouclier de l'Euphrate", du nom du fleuve proche du théâtre 
des combats, est la première grande opération militaire turque 
depuis le putsch manqué. 
    Un haut responsable de l'administration américaine 
accompagnant Joe Biden a indiqué que Washington souhaitait aider 
la Turquie à chasser l'EI des zones frontalières et fournissait 
un appui aérien aux Turcs. Les pilonnages, a-t-il dit, frappent 
l'EI et non les forces kurdes. 
    La Turquie et les Etats-Unis espèrent qu'en chassant l'EI du 
secteur, ils pourront priver l'organisation d'une voie par 
laquelle, de longue date, elle reçoit des combattants étrangers 
et des financements grâce à divers trafics.  
    L'offensive a débuté quatre jours après l'attentat suicide 
imputé à l'EI qui a fait 54 morts lors d'un mariage à Gaziantep, 
dans le sud-est de la Turquie. 
    Mevlüt Cavusoglu s'est engagé lundi à éradiquer totalement 
l'EI des zones frontalières de la Syrie après cet attentat. Une 
opération antiterroriste est par ailleurs en cours à Istanbul, 
selon l'agence de presse turque Dogan. 
 
 (avec Humeyra Pamuk; Danielle Rouquié, Jean-Philippe Lefief et 
Eric Faye pour le service français) 
 
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