Offensive médiatique de Netanyahu à cinq jours des législatives

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JERUSALEM, 12 mars (Reuters) - A cinq jours des élections législatives israéliennes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a lancé jeudi une offensive médiatique pour tenter de contrer la progression dans les sondages de ses rivaux centristes de l'Union sioniste. Après des semaines au coude-à-coude avec le Likoud, l'Union sioniste d'Isaac Herzog a pris une nette avance ces derniers jours. Elle est crédité de 24 des 120 sièges à la Knesset, le parlement israélien, contre 21 au parti de Netanyahu. L'Union sioniste regroupe notamment le Parti travailliste et la liste Hatnuah de Tzipi Livni, l'ex-ministre des Affaires étrangères. Cette formation créée en décembre dernier en vue des législatives du 17 mars espère que l'écart avec le Likoud va rester suffisamment important pour que le président israélien demande à Isaac Herzog, plutôt qu'à Benjamin Netanyahu, de former le prochain gouvernement de coalition. "Si nous ne réduisons pas l'écart dans les prochains jours, il y a certainement un risque que Tzipi Livni et Bougie Herzog soient les prochains Premiers ministres", a déclaré le chef du gouvernement à la télévision, en utilisant le surnom de son rival. Lors de la création de l'Union sioniste, il a été prévu qu'Isaac Herzog soit Premier ministre pendant deux ans en cas de victoire aux législatives. Il transmettrait ensuite le pouvoir à Livni pour la deuxième partie du mandat de quatre ans. Lors de son intervention, Benjamin Netanyahu a exclu la possibilité de former une coalition élargie qui prévoirait une direction du gouvernement alternée entre lui-même et Isaac Herzog. Dans le Jerusalem Post, le grand quotidien israélien de droite, et dans Israel Hayom, un gratuit qui le soutient, Netanyahu lance un appel aux électeurs qui souhaitent le voir reconduit à la tête du gouvernement mais n'ont pas l'intention de voter pour le Likoud. "CHANGEMENT MONUMENTAL" Au Jerusalem Post, il déclare qu'un gouvernement dirigé par l'Union sioniste "entraînera un changement si monumental de politique que c'en est un danger". "Toute personne voulant empêcher cela doit voter Likoud pour réduire l'écart", dit-il. Dans Israel Hayom, le chef du gouvernement estime que les électeurs de droite "pensent, à tort, que je serai élu dans tous les cas et qu'ils peuvent de ce fait voter pour d'autres partis." Selon Gilad Erdan, membre du gouvernement et confident de "Bibi" Netanyahu, le Premier ministre a l'intention d'accorder des entretiens à d'autres organes de presse dans les prochains jours pour tenter de "ramener à la maison" les partisans du Likoud. La baisse du parti de droite dans les sondages semble indiquer que le discours controversé prononcé le 3 mars par le Premier ministre devant le Congrès des Etats-Unis, pour critiquer la volonté de conclure un accord nucléaire avec l'Iran, a eu peu d'effet sur les électeurs israéliens, habitués depuis longtemps à ce genre de mises en garde de la part d'un chef de gouvernement qui en est à son troisième mandat. Alors que Benjamin Netanyahu a surtout fait campagne sur le thème de la sécurité, ses opposants, tout en reconnaissant les dangers d'un Iran doté de l'arme nucléaire, ont donné la priorité aux questions liées à l'économie et au coût de la vie et ont mis en garde sur l'isolement du pays lié au traitement de la question palestinienne. Isaac Herzog et Tzipi Livni, affirme Netanyahu au Jerusalem Post, seront par trop enclins au compromis sur les dossiers iranien et palestinien. "Il y a un grand risque pour notre sécurité parce qu'il y a un réel danger que nous puissions perdre cette élection", martèle le Premier ministre. (Danielle Rouquié pour le service français, édité par Guy Kerivel)

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