Octobre 1961 : «La reconnaissance des faits est essentielle»

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INTERVIEW - Jean-Luc Einaudi, historien, auteur de plusieurs ouvrages sur les événements d'octobre 1961, explique ce qu'il s'est passé le 17 octobre 1961 et dans les mois qui ont précédé.

LE FIGARO. - François Hollande a officiellement reconnu mercredi la «sanglante répression» des manifestations d'Algériens le 17 octobre 1961 à Paris, qu'en pensez-vous?

Jean-Luc EINAUDI. - Il faut se remémorer le cadre de ces événements. À l'époque, les négociations entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire algérien ont été rompues. Pendant l'été 1961, les attentats du FLN ont repris. À la fin du mois d'août, dix policiers ont été tués par les groupes armés du FLN.

Parallèlement, au cours du mois de septembre, on trouve un nombre croissant de cadavres dans la Seine et les alentours. Des corps non identifiés mais de type nord-africain. Dans ce contexte, Maurice Papon, préfet de police, déclare aux policiers: «Pour un coup reçu, nous en porterons dix.» Il effectue ensuite une tournée des commissariats, une tournée interprétée par les forces de l'ordre comme un message de soutien inconditionnel. Le 5 octobre, Papon propose au gouvernem

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