Océans: toujours plus de plastiques, toujours plus de dégâts

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Richard Whitcombe/shutterstock.com
Richard Whitcombe/shutterstock.com

(AFP) - Rejetés en masse dans les océans, les déchets plastiques qui se regroupent dans certaines zones du globe à la faveur des courants marins présentent de multiples risques pour la faune, l'homme et les écosystèmes, alerte un documentaire programmé jeudi 10 janvier sur Arte.

La caméra des réalisateurs allemands Max Mönch et Friedemann Hottenbacher va de Hawaï à l'Ile de Pâques (Chili), en passant par la Mer du Nord et le Japon, pour traquer ces maudits bouts de plastique qui ne connaissent aucune frontière et se fragmentent sans jamais se dissoudre vraiment.

Les océanographes sont les témoins catastrophés de cette pollution qui atteindrait six millions de tonnes par an.

"Les déchets plastiques ont tendance par le jeu des courants à se regrouper sous des latitudes moyennes pour former des plaques de déchets", explique le chercheur Nicolas Maximenko dans le reportage.

Ces "plaques" sont en quelque sorte prisonnières de gyres, ces gigantesques tourbillons formés par les courants marins. Il existe cinq principaux gyres à la surface du globe.

Les plaques de déchets du Pacifique Nord, au large de Hawaï, et de l'Atlantique Nord, ont été localisées.

Après un bref détour par Hawaï, le documentaire suit une expédition de scientifiques embarqués sur un voilier, le "Sea dragon", pour aller traquer le plastique dans le Pacifique Sud.

A l'approche de l'île de Paques, la concentration en plastique s'accroît, mais ne forme pas comme dans le nord une plaque homogène, plutôt un tapis fin et diffus, selon le chef de l'expédition et océanographe Markus Eriksen.

Lorsque le "Sea Dragon" accoste sur l'île de Pâques, son équipe trouve aussi des morceaux de plastique sur le rivage.

"C'est une tragédie planétaire dont personne ne veut porter la responsabilité", estime Markus Eriksen, qui veut contribuer à une prise de conscience mondiale.

Il n'est pas question d'aller repêcher des millions de tonnes de plastiques fragmentés dans les océans, mais de limiter son usage et surtout les rejets.

Outre les conséquences mortelles pour de nombreux oiseaux qui ingèrent ces déchets et la contamination des poissons, les travaux scientifiques devraient nous y encourager davantage.

Ainsi, des chercheurs japonais ont établi que l'eau de certaines plages pouvait avoir des concentrations surprenantes de Bisphénol A, un composant toxique du plastique, qui commencerait à se décomposer à partir d'une certaine température.

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