Öcalan appelle à une reprise des discussions avec la Turquie

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    DIYARBAKIR, Turquie, 12 septembre (Reuters) - Le conflit 
séparatiste kurde dans le sud-est de la Turquie pourrait être 
réglé en six mois si des discussions reprenaient entre le PKK et 
Ankara, a déclaré lundi le chef kurde emprisonné Abdullah 
Öcalan, cité par son frère.  
    C'est la première fois que le fondateur du PKK (Parti des 
travailleurs du Kurdistan) s'exprime publiquement depuis la 
suspension par le gouvernement turc, en avril 2015, des visites 
sur l'île-prison d'Imrali où il est détenu depuis 1999.  
    La Turquie s'est lancée en juillet 2015 dans une "guerre 
synchronisée" contre les djihadistes de l'Etat islamique en 
Syrie et les séparatistes kurdes, malgré la trêve proclamée deux 
ans et demi plus tôt par ces derniers.  
    Ce cessez-le-feu avait été négocié de sa cellule par Öcalan. 
    Mehmet Öcalan a été autorisé à voir son frère pour la 
première fois en deux ans après s'être inquiété de son état de 
santé. Agé de 68 ans, Abdullah Öcalan se porte bien, a-t-il dit 
lors d'une conférence de presse à Diyarbakir, la grande ville du 
Sud-Est turc à majorité kurde.  
    Le frère du chef du PKK a ajouté: "(Abdullah) a dit que si 
l'Etat était prêt pour ce projet, nous pourrions le finir en six 
mois, et que le précédent processus (de paix) n'était pas 
complètement effacé." 
    "'Aucune partie ne peut gagner cette querre. Il est temps de 
faire cesser les larmes et le bain de sang', a-t-il dit", a 
poursuivi le frère d'Abdullah Öcalan.  
    Le pouvoir turc ne semble guère disposé à entendre l'appel 
du chef séparatiste kurde. 
    Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la campagne 
actuellement menée contre le PKK, considéré par Ankara comme une 
organisation terroriste, était la plus importante jamais lancée 
par la Turquie.  
    Le dernier contact entre le chef du PKK et le monde 
extérieur a eu lieu en avril 2015 à l'occasion d'une rencontre 
avec des députés du parti d'opposition prokurde HDP (Parti 
démocratique du peuple), qui agissaient comme médiateurs dans le 
processus de paix.  
    Quelques semaines plus tard, le HDP avait réussi une percée 
aux élections législatives, privant l'AKP (Parti de la Justice 
et du développement, au pouvoir), de la majorité absolue pour la 
première fois en treize ans.  
    Le HDP accuse le gouvernement d'avoir relancé le conflit 
séparatiste kurde pendant l'été afin de redonner à l'AKP le 
contrôle du Parlement, ce qu'il a fait lors de nouvelles 
législatives en novembre 2015. Erdogan et l'AKP rejettent ces 
accusations.  
 
 (Ayla Jean Yackley; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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