Obama veut coopérer avec le Congrès mais va agir sur l'immigration

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(Actualisé après le déjeuner de travail) par Roberta Rampton et Richard Cowan WASHINGTON, 7 novembre (Reuters) - Barack Obama, qui a déjeuné vendredi avec les chefs de file d'un Parti républicain désormais majoritaire dans les deux chambres, leur a assuré qu'il serait à l'écoute de toutes les "bonnes idées" mais qu'il entendait recourir à ses pouvoirs exécutifs pour assouplir les règles en matière d'immigration, a annoncé la Maison blanche. Le président américain, dont les républicains ont déjà promis de défaire une autre réforme emblématique, celle de l'assurance santé (Obamacare), a par ailleurs appelé les dirigeants du Congrès à débloquer des fonds pour lutter contre le virus Ebola et contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. La décision de Barack Obama de recourir aux pouvoirs exécutifs sur l'immigration pour contourner le blocage du Congrès devrait être considéré comme un "casus belli" par les républicains, hostiles à tout assouplissement en la matière. Jeudi, lors de sa première conférence de presse depuis la victoire des républicains, le président de la Chambre des représentants John Boehner a prévenu le chef de l'Etat qu'il compromettrait ainsi tout espoir de faire voter sa réforme durant les deux dernières années de sa présidence. ID:nL6N0SX01Z En juin 2013, le Sénat a voté une réforme de l'immigration qui a ensuite été bloquée par la Chambre des représentants, où les républicains étaient déjà majoritaires. Depuis, le président a promis des mesures d'aide à une partie des sans-papiers, dont le nombre total est estimé à près de 12 millions. Avant son déjeuner de travail, Barack Obama avait une nouvelle fois évoqué l'exaspération des Américains face à la paralysie des institutions fédérales et assuré qu'il écouterait toutes les propositions législatives, qu'elles soient démocrates ou républicaines. "COOPÉRATION BIPARTISANE" "Les Américains veulent simplement qu'on fasse le travail", a-t-il déclaré aux journalistes. "Je crois qu'ils en ont assez de la paralysie. Ils voudraient voir davantage de coopération. Je crois que nous avons tous la responsabilité, moi le premier, de faire en sorte que ce soit le cas." Outre les dossiers sensibles de l'immigration et de la santé, le président américain entendait discuter des moyens d'assurer la poursuite de la reprise économique, de relancer la production manufacturière et les exportations, ainsi que d'éducation. "Les bonnes idées ne viennent pas que d'un seul parti", a souligné le président des Etats-Unis. "Tous ces sujets sont propices à une coopération bipartisane à condition que nous mettions la politique de côté", a-t-il ajouté. Aucun des convives n'a fait de déclaration à la presse à l'issue du déjeuner. Peu avant le début de la réunion, la Maison blanche avait annoncé que Barack Obama avait donné son feu vert à l'envoi de 1.500 conseillers militaires supplémentaires en Irak, ce qui porterait leur nombre à 3.100. ID:nL6N0SX5MW Le président va demander pour cela au Congrès de débloquer en urgence 5,6 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) pour les opérations de lutte contre l'EI, dont 1,6 milliard seront affectés au fonds destiné à entraîner et à équiper l'armée irakienne. Ces fonds devrait être votés part le Congrès sortant, avec un Sénat à majorité démocrate, et non par le nouveau qui se réunira pour la première fois début janvier. (Jean-Philippe Lefief et Tangi salaün pour le service français)

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