Obama sanctionne Caracas, dénonce le traitement des opposants

le
0

(Actualisé avec rappel pour consultations du diplomate vénézuélien de plus au rang aux Etats-Unis, précisions) WASHINGTON, 9 mars (Reuters) - Barack Obama a signé lundi un décret classant le Venezuela comme une menace à la sécurité nationale des Etats-Unis, sanctionnant sept responsables du pays sud-américain et dénonçant le traitement des opposants par les autorités. Caracas a aussitôt répondu en rappelant pour consultations son chargé d'affaires à Washington, le diplomate vénézuélien de plus haut rang en poste aux Etats-Unis. Le fait de placer un Etat sur la liste des pays menaçant la sécurité nationale des Etats-Unis est la première étape d'un régime de sanctions. La même procédure a été appliquée pour la Syrie et l'Iran, ont précisé des responsables américains. Le décret de Barack Obama prévoit notamment la possibilité d'un gel des avoirs financiers. "Les responsables vénézuéliens, actuels ou anciens, qui violent les droits humains des citoyens vénézuéliens et sont impliqués dans des actes de corruption publique n'ont pas leur place ici, et nous avons désormais les outils pour bloquer leurs avoirs et leur utilisation des systèmes financiers américains", a déclaré le porte-parole de la Maison blanche Josh Earnest. "Nous sommes très préoccupés par les efforts du gouvernement vénézuélien visant à intimider toujours davantage les opposants politiques. Les problèmes du Venezuela ne pourront être résolus en criminalisant l'opposition", a-t-il dit dans un communiqué. Les sept individus visés sont accusés par Washington d'avoir sapé les fondements démocratiques du pays, d'avoir commis des actes de violence ou des abus contre les droits de l'homme, d'être impliqués dans des actions de restriction de la liberté d'expression ou dans le détournement d'argent public. La Maison blanche appelle par ailleurs Caracas à libérer tous les prisonniers politiques, y compris des "dizaines d'étudiants". Les autorités vénézuéliennes ont accusé à de nombreuses reprises ces dernières années les diplomates américains en poste à Caracas de chercher à fomenter des troubles en liaison avec l'opposition libérale, voire un coup d'Etat. Réagissant sur Twitter à la décision de Barack Obama, la ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a annoncé que le gouvernement avait demandé au chargé d'affaires à Washington, Maximilien Rodriguez, de rentrer "immédiatement" à Caracas pour consultations. (Jeff Mason et Roberta Rampton, avec le bureau de Caracas; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant