Obama sanctionne Caracas, dénonce le traitement des opposants

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(Actualisé avec réaction du président vénézuélien) WASHINGTON, 9 mars (Reuters) - Barack Obama a signé lundi un décret classant le Venezuela comme une menace pour la sécurité des Etats-Unis et a ordonné que des sanctions soient imposées à sept membres de l'administration, ce qui a provoqué une très vive réaction du président Nicolas Maduro et le rappel du chargé d'affaires vénézuélien à Washington. L'initiative est la première étape vers l'instauration d'un régime de sanctions. La même mesure a été prise pour la Syrie et l'Iran, ont précisé des responsables américains. Le décret de Barack Obama prévoit notamment un gel des avoirs financiers. "Les responsables vénézuéliens, actuels ou anciens, qui violent les droits des citoyens vénézuéliens et sont impliqués dans des actes de corruption publique n'ont pas leur place ici, et nous avons désormais les outils pour bloquer leurs avoirs et leur utilisation des systèmes financiers américains", écrit Josh Earnest, porte-parole de la Maison blanche, dans un communiqué. "Nous sommes très préoccupés par les efforts du gouvernement vénézuélien visant à intimider toujours davantage les opposants politiques. Les problèmes du Venezuela ne pourront être résolus en criminalisant l'opposition", ajoute-t-il. Parmi les sept hauts fonctionnaires visés figurent Gustavo Gonzalez, chef des services de renseignement, Manuel Perez, directeur de la police nationale et Justo Noguero, ancien commandant de la Garde nationale désormais à la tête de la compagnie minière publique CVG. Trois officiers de l'armée et un procureur complètent la liste. La Maison blanche appelle par ailleurs Caracas à libérer tous les prisonniers politiques, notamment les "dizaines d'étudiants" arrêtés lors de manifestations antigouvernementales. "Le président Barack Obama (...) a décidé de se charger personnellement de renverser mon gouvernement et d'intervenir au Venezuela pour en prendre le contrôle", s'est indigné Nicolas Maduro dans un discours télévisé de deux heures au ton incendiaire. Parlant d'"arrogance impérialiste" et d'"erreur colossale", le président vénézuélien a annoncé son intention de demander mardi des pouvoirs spéciaux à l'Assemblée nationale pour la deuxième fois depuis le début de son mandat, entamé en 2013. Il a par ailleurs félicité les sept hauts fonctionnaires sanctionnés, qu'il a qualifiés de "héros" et a nommé le chef des services de renseignement Gustavo Gonzales au poste de ministre de l'Intérieur. La ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a quant à elle annoncé le rappel du chargé d'affaires à Washington, Maximilien Rodriguez, pour consultations. Les autorités vénézuéliennes accusent de longue date les diplomates américains en poste à Caracas de chercher à fomenter des troubles pour le compte de l'opposition libérale, voire un coup d'Etat. (Jeff Mason et Roberta Rampton, avec le bureau de Caracas; Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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  • noterb1 le mardi 10 mar 2015 à 08:41

    Comme prévu cela va maintenant être l'heure du Venezuela . On le savait depuis quelques temps . Et puis cela sent bon le pétrole !