Obama s'en prend à des proches de Poutine, qui riposte

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NOUVELLES SANCTIONS AMÉRICAINES CONTRE MOSCOU
NOUVELLES SANCTIONS AMÉRICAINES CONTRE MOSCOU

par Steve Holland et Maria Tsvetkova

WASHINGTON/MOSCOU (Reuters) - Barack Obama a annoncé jeudi de nouvelles sanctions à l'encontre de personnalités Russes de premier plan, dont des proches de Vladimir Poutine, tandis que Moscou poursuivait tambours battant le processus d'annexion de la Crimée.

Le ministère russe des Affaires étrangères a de son côté riposté aux premières sanctions américaines, annoncées lundi, en publiant une liste des responsables politiques américains qui feront l'objet de mesures de rétorsion équivalentes.

Le président des Etats-Unis a par ailleurs ouvert la voie à des sanctions financières dans des secteurs-clés de l'économie russe, tandis que Vladimir Poutine invitait les hommes d'affaires à rapatrier leurs avoirs pour faire face à la réaction de la communauté internationale.

"Nous allons imposer des sanctions visant d'autres représentants du gouvernement russe. En outre, nous allons sanctionner aujourd'hui un nombre d'autres individus disposant d'importantes ressources et influences qui fournissent un soutien matériel au gouvernement russe", a déclaré Barack Obama, précisant qu'une banque serait notamment visée.

Selon un membre de son administration, il s'agit de la banque Rossiya, détenue en partie par Iouri Kovaltchouk, un proche de Vladimir Poutine depuis les années 90.

Lundi, la Maison blanche avait annoncé une première série de mesures de rétorsion - gel des avoirs et des visas - contre onze ressortissants russes et ukrainiens impliqués dans l'annexion de la Crimée.

La seconde, dit-on a Washington, concerne une vingtaine de personnes, parmi lesquelles figurent des proches conseillers de Vladimir Poutine.

Sur la liste russe, qui comprend neuf noms, figurent notamment Benjamin Rhodes et Caroline Atkinson, conseillers à la sécurité nationale, ainsi qu'Harry Reid et John Boehner, respectivement présidents du Sénat et de la Chambre des représentants.

A Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont eux aussi promis de nouvelles sanctions tout en prenant soin de ménager Moscou pour ne pas compromettre la "désescalade" qu'ils exigent.

"Les sanctions économiques, même si elles ne sont pas décidées aujourd'hui, doivent être envisagées, doivent être en tout cas préparées mais pour la réunion du Conseil européen d'aujourd'hui (...), ce sont des sanctions individuelles qui doivent être prononcées", a dit François Hollande à son arrivée au Conseil européen.

Le président français a confirmé l'annulation du sommet UE-Russie prévu en juin en marge du G8 de Sotchi qu'organise la Russie, estimant que cette réunion ne pouvait pas avoir lieu "dans ces conditions".

UNANIMITÉ MOINS UNE VOIE À LA DOUMA

La chancelière allemande a estimé pour sa part que l'enceinte du G8 n'existait plus en raison du bras de fer diplomatique avec Moscou et a brandi elle aussi la menace commerciale.

"Nous allons faire comprendre très clairement qu'avec une escalade supplémentaire, nous sommes prêts à introduire des sanctions économiques", a dit Angela Merkel, qui se montre de plus en plus critique à l'égard de Vladimir Poutine.

La Douma d'Etat, chambre basse du Parlement russe, avait auparavant approuvé à l'unanimité moins une voix le traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie, signé deux jours plus tôt par Vladimir Poutine. Le Conseil de la Fédération, la chambre haute, doit se prononcer vendredi, ce qui achèvera le processus.

Sans mentionner spécifiquement cette annexion, le président russe a quant à lui signifié aux oligarques qu'il était dans leur intérêt de soutenir l'économie russe.

"Les entreprises russes doivent être déclarées sur le territoire de notre nation, dans notre pays, et avoir une structure capitalistique transparente", a déclaré Vladimir Poutine devant un parterre de grands patrons russes réunis à l'occasion d'un colloque.

Kiev a de son côté annoncé que les gardes-frontières ukrainiens affectés en Crimée avaient commencé à regagner les régions continentales. Moscou a par ailleurs ordonné la libération du commandant de la marine ukrainienne, l'amiral Serhiï Haïdouk, capturé lors de la prise de son quartier général mercredi à Sébastopol.

(avec Julien Ponthus et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc Angrand)

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  • cavalair le jeudi 20 mar 2014 à 20:05

    Il ferait mieux de s'occuper de son Q et de son economie avant de s'occuper des Russes