Obama reçu au Vatican, invite le pape à la Maison blanche

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BARACK OBAMA REÇU PAR LE PAPE FRANÇOIS
BARACK OBAMA REÇU PAR LE PAPE FRANÇOIS

par Jeff Mason et Philip Pullella

CITE DU VATICAN (Reuters) - Barack Obama a eu près d'une heure d'entretien en privé jeudi au Vatican avec le pape François, dont il s'est dit "grand admirateur" et qu'il a invité à venir en visite à la Maison blanche.

Le président américain et sa délégation, qui comprenait le secrétaire d'Etat John Kerry, ont traversé les salles du palais apostolique pour se rendre à la bibliothèque privée du pape.

"C'est un grand honneur, je suis un grand admirateur", a déclaré Barack Obama lorsque le pape François l'a accueilli, en ajoutant ces mots: "Merci de me recevoir".

A l'issue d'un entretien d'une cinquantaine de minutes, qui marquait la première rencontre entre les deux hommes et s'est déroulé dans une atmosphère détendue, Barack Obama a invité le souverain pontife à la Maison blanche, au moment où il lui remettait un cadeau symbolique, sous la forme de semences provenant du jardin de la présidence américaine.

"Si vous avez l'occasion, vous pouvez venir à la Maison blanche et vous verrez le jardin", a dit Barack Obama au pape tout en lui expliquant la nature du cadeau, en présence des journalistes. Répondant en espagnol, le pape lui a dit: "Como no?" (Bien sûr). L'Eglise catholique américaine souhaiterait que François se rende en visite à Philadelphie en 2015 à l'occasion d'un rassemblement international consacré à la famille.

Le pape a remis de son côté à Barack Obama deux médailles commémoratives ainsi qu'un exemplaire, relié de cuir rouge, d'Evangeli Gaudium (La Joie des Evangiles), un document que François a rédigé l'an dernier et qui passe pour être la "feuille de route" de son pontificat.

"Vous savez, je le lirai probablement dans le bureau ovale, lorsque j'aurai des soucis, et je suis certain qu'il me donnera de la force et m'apaisera", lui a dit Obama. "Je l'espère", lui a répondu le pape, en anglais.

A son arrivée au Vatican, Barack Obama avait été accueilli par l'archevêque Georg Gänswein, préfet de la Maison pontificale, ainsi que par un détachement de gardes suisses.

Le pape François a boudé pour une bonne part la pompe traditionnelle du Vatican, mais jeudi, pour accueillir le président américain devant la bibliothèque papale, il a déployé tout le faste cérémoniel de l'Etat vaticanais.

DISCOURS SUR LA PAUVRETÉ

Le centre de Rome avait été bouclé pour la venue de Barack Obama, qui, après sa visite vaticane, a été reçu par son homologue italien, Giorgio Napolitano. Il devait également voir dans la journée le président du Conseil, Matteo Renzi.

Avant sa rencontre avec le pape, le président américain avait déclaré dans une interview accordée au Corriere della Sera que "l'autorité morale considérable" de François donnait plus de poids encore aux appels à un rééquilibrage entre ceux qui profitent de la mondialisation et ceux qui en pâtissent.

"Aux Etats-Unis, nous assistons depuis plusieurs décennies au creusement de l'écart entre les revenus des plus riches et ceux de l'Américain moyen", dit-il dans l'interview.

"Mais ce n'est pas seulement le problème des Etats-Unis, c'est celui du monde entier. Et ce n'est pas seulement un problème économique, c'est une question morale", poursuit-il.

Depuis son élection il y a un an, François a critiqué à plusieurs reprises le capitalisme sauvage, ses excès mis à nu par la crise financière et le fossé croissant entre riches et pauvres.

"Comme de nombreuses personnes dans le monde, le président Obama a été impressionné par la première année du pape François, par la manière avec laquelle il donne de l'espoir, par son message d'intégration et d'égalité qui a une signification profonde pour les catholiques mais aussi pour des gens de confession différente", estime Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale à la Maison blanche.

Lorsqu'en 2009 Barack Obama avait rencontré Benoît XVI, celui-ci avait soulevé la question de l'avortement, problème délicat aux yeux de nombreux catholiques américains, et le président lui avait promis de faire tout son possible pour réduire le nombre d'IGV.

A plusieurs reprises depuis son arrivée à la Maison blanche, début 2009, Obama a affronté la hiérarchie catholique sur son soutien au droit à l'avortement ou à la reconnaissance du mariage homosexuel.

Sans pour autant modifier la doctrine de l'Eglise, François a adopté un discours plus mesuré sur les droits des femmes et des homosexuels et musclé en revanche la parole de l'Eglise sur les questions sociales et économiques.

"Le pape François a clairement indiqué que sa priorité allait à la pauvreté, à l'immigration et à d'autres questions sociales", souligne Mgr Robert Wister, théologien et historien de l'Eglise à la Seton Hall University, dans le New Jersey.

(Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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  • M2895393 le jeudi 27 mar 2014 à 16:45

    Il a nettement mieux reçu Obama que Hollande , et il y a de quoi