Obama reçoit Trump à la Maison blanche, la transition s'organise

le , mis à jour à 16:02
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 (Edité avec détails) 
    par Steve Holland et Jeff Mason 
    WASHINGTON, 10 novembre (Reuters) - Au lendemain de l'onde 
de choc provoquée par son succès à l'élection présidentielle, 
Donald Trump est reçu jeudi à la Maison blanche par Barack 
Obama, qui n'a jamais caché ses divergences avec lui mais veut 
faciliter une transition en douceur. 
    Le futur 45e président des Etats-Unis et son prédécesseur 
démocrate, qui ont tous deux appelé à l'unité au terme d'une 
campagne d'une rare brutalité, devaient s'entretenir à partir de 
11h00 (16h00 GMT) dans le Bureau ovale. 
    Les deux hommes n'ont eu jusqu'à présent que très peu de 
contact.  
    Donald Trump, pendant des années, a mis en doute la 
citoyenneté américaine de Barack Obama, l'accusant d'avoir menti 
sur son lieu de naissance. Au plan politique, il s'est engagé à 
abroger une partie de l'héritage de son prédécesseur, à 
commencer par l'Obamacare, la réforme de l'assurance maladie. 
    Pour sa part, Barack Obama s'est fortement engagé durant la 
campagne aux côtés d'Hillary Clinton, estimant à plusieurs 
reprises que Donald Trump était "inapte" à assumer la fonction 
présidentielle. 
    "Ce n'est un secret pour personne que le président élu et 
moi-même comptons d'assez grandes différences", a-t-il déclaré 
mercredi avec le sourire. 
    Mais il a ajouté : "Nous voulons tous désormais qu'il 
rencontre le succès pour conduire le pays à l'unité. Je veux 
m'assurer que tout se passe bien car, au final, nous faisons 
tous partie de la même équipe."  
    Barack Obama veut s'inspirer de la transition qu'il a vécue 
en 2008 avec le républicain George W. Bush. "Il y a huit ans, le 
président Bush et moi avions des divergences très fortes, mais 
l'équipe du président Bush n'aurait pu être plus professionnelle 
et plus courtoise qu'elle ne l'a été pour faire en sorte que 
nous menions une transition en douceur", a-t-il dit. 
    Le responsable de l'équipe de transition de Trump, Chris 
Christie, s'est dit persuadé que le message d'unité prévaudrait. 
    Interrogé sur NBC sur le point de savoir si Donald Trump 
s'excuserait d'avoir lancé la controverse sur la citoyenneté du 
président actuel, il a répondu que tout cela n'était que de la 
politique et que les deux hommes "auront à discuter de choses 
beaucoup plus importantes". 
    Parallèlement à la rencontre, la "First Lady" Michelle 
Obama, qui s'est elle aussi impliquée dans la campagne, 
dénonçant notamment des propos de "prédateur sexuel", recevra 
Melania Trump. 
     
    "LE PRÉSIDENT DE TOUS LES AMÉRICAINS" 
    Plusieurs milliers d'Américains sont descendus dans les rues 
pour protester contre la victoire du milliardaire new-yorkais et 
son discours jugé raciste et insultant  , mais les 
principaux protagonistes de la classe politique américaine 
espèrent ouvrir un chapitre plus apaisé. 
    Hillary Clinton elle-même a demandé aux Etats-Unis de se 
rassembler derrière leur futur président. "Donald Trump va être 
notre prochain président. Nous lui devons d'avoir l'esprit 
ouvert et (lui laisser) la chance de diriger", a-t-elle déclaré. 
  
    Le succès inattendu de l'homme d'affaires new-yorkais âgé de 
70 ans, qui sera investi le 20 janvier, place la première 
puissance mondiale sur une voie nouvelle et incertaine. 
    "Il est temps pour nous de nous rassembler", a-t-il dit à 
son QG new-yorkais tard dans la nuit de mardi à mercredi, après 
l'annonce de sa victoire, promettant d'être "le président de 
tous les Américains". 
     
    FUTURE ÉQUIPE 
    Il a ensuite passé une partie de la journée de mercredi à 
travailler à la composition de sa future équipe, dit-on dans son 
entourage. Parmi les noms qui circulent déjà se retrouvent ses 
soutiens les plus fidèles pendant la campagne. 
    Jeff Sessions, sénateur de l'Alabama, devrait décrocher un 
poste de premier plan, peut-être celui de secrétaire à la 
Défense.  
    Michael Flynn, général de réserve, semble tenir la corde 
pour devenir le conseiller à la sécurité nationale de la Maison 
blanche. Cet ancien directeur de l'Agence du renseignement de la 
défense (Defence Intelligence Agency) a joué un rôle clé dans la 
campagne de Donald Trump, prodiguant notamment des conseils en 
matière d'affaires internationales. "Il a une influence 
apaisante sur Trump", a noté l'une des sources. 
    Newt Gingrich, ancien "speaker" de la Chambre des 
représentants, et le sénateur du Tennessee Bob Corker, président 
de la commission des Affaires étrangères du Sénat, sont de leur 
côté pressentis pour prendre la tête du département d'Etat et 
diriger la diplomatie américaine. 
    Les deux hommes avaient un temps étaient vus comme possibles 
candidats à la vice-présidence. Donald Trump a finalement choisi 
le gouverneur de l'Indiana Mike Pence pour former son "ticket". 
    De mêmes sources, on rapporte que le président du Comité 
national républicain, Reince Priebus, devenu un conseiller 
écouté au cours de la campagne, est évoqué comme possible 
secrétaire général de la Maison blanche. 
    La directrice de campagne de Trump, Kellyanne Conway, 
pourrait décrocher un poste de conseillère de premier plan à la 
Maison blanche tandis que le neurochirurgien à la retraite Ben 
Carson, qui s'était rallié à Donald Trump après s'être retiré de 
la course à l'investiture républicaine, est envisagé pour le 
poste de ministre de l'Education.     
     
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 (Benoît Van Overstraeten et Henri-Pierre André pour le service 
français, édité par Gilles Trequesser) 
 
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