Obama reçoit le dalaï-lama malgré la mise en garde de Pékin

le
0
 (Actualisé avec commentaires du dalaï-lama §§6-9) 
    par David Brunnstrom 
    PEKIN, 16 juin (Reuters) - Barack Obama a reçu mercredi à la 
Maison blanche le dalaï-lama, chef spirituel en exil des 
Tibétains, malgré l'avertissement de la Chine pour laquelle une 
telle rencontre nuira aux relations diplomatiques 
sino-américaines. 
    Signe du caractère privé de la rencontre, elle a eu lieu à 
la résidence de la Maison blanche et non pas dans le bureau 
ovale, où le président reçoit habituellement les dirigeants 
étrangers.  
    Pour cette quatrième rencontre avec le dalaï-lama à la 
Maison blanche depuis son élection en 2008, Barack Obama a 
encouragé les Tibétains en exil à engager un dialogue direct 
avec la Chine afin de surmonter leurs divergences. 
    "Le président (...) croit en la préservation des traditions 
uniques - religieuses, culturelles et linguistiques - du Tibet", 
a déclaré le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest. 
    En même temps, la position des Etats-Unis, à savoir que le 
Tibet fait partie intégrante de la Chine, n'a pas changé, a 
ajouté Josh Earnest. 
    Dans un entretien à la chaîne Fox News mercredi soir, le 
dalaï-lama a déclaré que l'entretien avec Barack Obama avait 
porté sur la situation au Tibet. Tenzin Gyatso a réaffirmé qu'il 
ne réclamait pas l'indépendance du Tibet mais une autonomie 
substantielle permettant la préservation de la culture 
bouddhiste. 
    Dans l'interview à Fox, le dalaï-lama a souligné que le 
président chinois Xi Jinping avait dit que le bouddhisme était 
une partie importante de la culture chinoise. 
    "C'est nouveau, pour un chef de Parti communiste, vous 
voyez, mentionner des choses positives au sujet du chef de file 
du bouddhisme, merveilleux", a déclaré le dalaï-lama. 
    "Aussi, le peuple chinois, y compris ses dirigeants, font de 
nouvelles expériences; aussi les choses vont-elles changer", 
a-t-il ajouté en soulignant que le maintien d'un strict contrôle 
de la société n'avait pas d'avenir selon lui. 
    Le ministère chinois des Affaires étrangères avait 
auparavant estimé que cette rencontre nuirait aux relations 
entre Washington et Pékin. 
    La Chine considère le dalaï-lama, qui vit en exil en Inde 
depuis 1959, comme un dangereux séparatiste. Le porte-parole du 
ministère des Affaires étrangères, Lu Kang, a dit lors de son 
point de presse régulier que sa rencontre avec Obama serait 
perçue comme un encouragement par les "forces séparatistes".  
     
    CHINE NOUVELLE PARLE D'INGÉRENCE 
    Cette rencontre a eu lieu à un moment délicat dans les 
relations sino-américaines, Pékin affirmant de plus en plus ses 
revendications sur la majeure partie de la mer de Chine 
méridionale et procédant à la "poldérisation" de récifs comme 
les Spratleys, où des installations ont été construites. 
    Lorsque Barack Obama avait reçu le dalaï-lama en 2014, il 
avait indigné la Chine en s'engageant à apporter un "vigoureux 
soutien" à la cause des droits de l'homme au Tibet. 
    Mercredi, l'agence de presse officielle Chine nouvelle a 
accusé Washington de ne pas avoir tenu sa promesse de ne pas 
soutenir l'indépendance du Tibet, ce en maintenant sa rencontre 
avec le dalaï-lama. Celle-ci "met fortement en danger les 
relations sino-américaines, et attente profondément aux 
sentiments du peuple chinois", écrit l'agence. 
    "Soutenir l'indépendance du Tibet est une ingérence 
manifeste dans les affaires intérieures de la Chine et une 
violation grossière des normes des relations internationales. 
Jouer la 'carte Tibet' montre que l'administration américaine 
néglige son crédit politique et son prestige international", 
poursuit l'agence officielle. 
 
 (Laura Martin, Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant