Obama plaide pour la dénucléarisation à Hiroshima

le , mis à jour à 13:43
1
 (Actualisé avec nouvelles citations) 
    par Minami Funakoshi et Matt Spetalnick 
    HIROSHIMA, Japon, 27 mai (Reuters) - Barack Obama, premier 
président des Etats-Unis en exercice à se rendre à Hiroshima, 
théâtre du premier bombardement atomique de l'Histoire, a déposé 
vendredi une couronne de fleurs au Mémorial de la paix, un geste 
que Tokyo et Washington souhaitent symbolique de leur alliance 
et de leurs efforts en faveur de la dénucléarisation. 
    "Nous sommes venus pour réfléchir à la terrible force 
déchaînée dans un passé pas si lointain. Nous sommes venus pour 
pleurer les défunts, parmi lesquels figurent 100.000 hommes, 
femmes et enfants japonais, des milliers de Coréens et des 
dizaines d'Américains retenus prisonniers", a déclaré Barack 
Obama, qui était accompagné du Premier ministre japonais Shinzo 
Abe. 
    "Nous pensons à tous les innocents tués au cours de cette 
terrible guerre. Nous avons la responsabilité commune de 
regarder l'Histoire en face. Nous devons nous demander ce qu'il 
faut changer pour que de telles souffrances ne se reproduisent 
plus. 
   "Les nations qui, comme la mienne, possèdent leur propre 
arsenal nucléaire doivent avoir le courage de sortir de la 
logique de la peur et d'aller vers un monde dénucléarisé", 
a-t-il ajouté.  
    Avant même d'avoir eu lieu, cette visite historique a fait 
polémique, certains accusant les Etats-Unis comme le Japon 
d'avoir la mémoire courte, d'autres soulignant la position 
paradoxale des Américains, qui utilisent la dissuasion nucléaire 
tout en prônant la lutte contre prolifération.  
     
    "LE COURAGE DE PROMOUVOIR LA PAIX" 
    Le 6 août 1945, des milliers d'habitants ont été 
instantanément tués à Hiroshima. Fin 1945, du fait de 
l'exposition à la radioactivité, le bilan était de 140.000 
morts. Trois jours après Hiroshima, c'était au tour de Nagasaki 
d'être soumise au feu nucléaire.  
    Avant de se rendre au Mémorial de la paix, Barack Obama 
avait visité le musée consacré au bombardement. "Nous avons 
connu la douleur de la guerre. Trouvons désormais ensemble le 
courage de promouvoir la paix et d'oeuvrer à l'avènement d'un 
monde sans armes nucléaires", a-t-il écrit dans le livre d'or.  
    Cette visite, longtemps restée inenvisageable pour les 
présidents américains, a fait l'objet d'un intense débat à la 
Maison blanche, mais les conseillers d'Obama ont fait front et 
ont promis aux associations d'anciens combattants qu'il ne 
contesterait pas la décision d'Harry Truman. 
    Pour une majorité d'Américains, les bombardements 
d'Hiroshima et de Nagasaki étaient une nécessité pour mettre fin 
à la guerre et ont permis d'épargner des vies américaines et 
japonaises en abrégeant la guerre. De nombreux historiens 
contestent cette version.  
    Au Japon, l'opinion publique juge majoritairement que le 
recours au feu nucléaire n'était pas justifié. 
    "Il faudra attendre encore dix ans pour qu'un président 
(américain) fasse ses excuses", a estimé Kenji Ishida, 38 ans, 
résident d'Hiroshima et chauffeur de taxi. 
    "Le Japon doit demander pardon pour Pearl Harbour, si on 
exige que les Etats-Unis donnent des excuses", a-t-il poursuivi. 
    Côté chinois, pays qui a été l'objet de l'agression 
japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, l'agence Chine 
nouvelle a vivement critiqué la posture du Japon. 
    "Le gouvernement japonais essaie d'utiliser la visite 
historique pour mettre en valeur l'image de 'victime de guerre' 
du Japon", a-t-elle déclaré, rappelant les "atrocités 
japonaises". 
 
 (Julie Carriat et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • charleco il y a 11 mois

    Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais.