Obama, les larmes aux yeux, défend son projet de contrôle des armes

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 (Actualisé avec d'autres déclarations) 
    par Jeff Mason et Ayesha Rascoe 
    WASHINGTON, 6 janvier (Reuters) - Essuyant des larmes lors 
de l'évocation d'enfants tués lors de massacres, Barack Obama a 
défendu mardi sa volonté de renforcer le contrôle des 
antécédents des acheteurs d'armes à feu aux Etats-Unis, estimant 
que les exemptions actuellement accordées pour les ventes dans 
les foires ou sur internet n'ont aucun sens. 
    Le président américain a dit ne pas s'attendre à une 
modification de la législation encadrant les armes à feu au 
cours de la dernière année de son second mandat, tout en 
s'engageant à tout faire pour que le contrôle de ces armes 
devienne une thème majeur lors de la campagne des élections 
présidentielles, prévues en novembre. 
    Entouré de membres de familles de personnes tuées lors de 
massacres, Barack Obama a estimé, à l'occasion d'une allocution 
prononcée dans la salle Est de la Maison blanche, que le droit 
constitutionnel des Américains à porter des armes devait être 
contre-balancé par le droit de vivre leurs vies. 
    Le président américain a souvent dit que le massacre de 20 
enfants et de six adultes dans une école élémentaire à Newtown, 
dans le Connecticut, en décembre 2012 avait été la plus rude 
épreuve de son mandat. 
    "A chaque fois que je pense à ces gamins, cela me rend fou 
de rage", a dit Barack Obama, avant d'être saisi par l'émotion 
et d'essuyer des larmes coulant sur ses joues. 
    Barack Obama avait déjà tenté de renforcer les restrictions 
sur les ventes d'armes à feu après la tuerie de Newtown, mais 
ses projets avaient été bloqués par le Congrès. 
    Le mois dernier, la fusillade de San Bernardino (14 morts), 
en Californie, commise par un couple de musulmans radicalisés 
vraisemblablement inspirés par l'Etat islamique a redonné de 
l'énergie à l'équipe présidentielle pour tenter à nouveau de 
légiférer, cette fois par décret. 
    Jeudi, le président participera à une émission de télévision 
sur CNN à 20h00 (vendredi 01h00 GMT) pendant laquelle il 
s'efforcera de gagner le soutien du public dans un pays où le 
lobby des armes à feu est très puissant, avant son discours sur 
l'état de l'Union le 12 janvier. 
     
    LA NRA JUGE ABUSIVES LES NOUVELLES MESURES 
    "Nous avons créé un système dans lequel des personnes 
dangereuses sont autorisées à jouer avec différentes 
règlementations", a poursuivi Barack Obama. 
    Il a déclaré que les nouvelles mesures qu'il préconise ne 
sont pas "un complot visant à priver d'armes tous les 
Américains". 
    "Je suis convaincu que nous pouvons trouver des moyens de 
réduire la violence due aux armes à feu en respectant le 
deuxième amendement de la Constitution", a ajouté le président 
américain. 
    Selon des responsables de la Maison blanche, le Bureau de 
l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs (ATF) 
exigera désormais que les personnes qui vendent des armes dans 
des magasins, dans des foires ou via internet aient une licence 
et qu'elles procèdent à des vérifications. 
    La puissante organisation pro-arme National Rifle 
Association (NRA) a fustigé les propositions de Barack Obama, 
qu'elle juge abusives et a promis de lutter pour défendre le 
droit des Américains de porter des armes. 
    Selon la NRA, aucune de ces propositions n'aurait pu 
empêcher les tueries de masses évoquées par le président.     
    Barack Obama, qui compte utiliser son pouvoir réglementaire 
pour faire passer ces nouvelles mesures contre l'avis du Congrès 
à majorité républicaine, a averti dès lundi que les mesures 
présentées ne suffiraient pas à prévenir des fusillades 
meurtrières ni des crimes violents, tout en estimant qu'elles 
pourraient néanmoins sauver des vies. 
    Hillary Clinton, favorite pour l'investiture démocrate en 
vue de la présidentielle du 8 novembre prochain, a salué le 
projet de Barack Obama. L'ancienne secrétaire d'Etat a dit 
qu'elle prendrait elle aussi des décrets sur le contrôle des 
armes si elle devenait présidente. 
    Selon un sondage Reuters/Ipsos publié le mois dernier, 65% 
des personnes interrogées jugent important d'apporter une 
réponse à la question du contrôle des armes. 
 
 (Avec Julia Edwards, Robert Laffola, Steve Holland, Richard 
Cowan, Susan Cornwall, Susan Heavey et Megan Cassella; Danielle 
Rouquié, Nicolas Delame et Benoît Van Overstraeten pour le 
service français) 
 
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