Obama-Les exigences de Netanyahu nuisent à la crédibilité d'Israël

le , mis à jour à 23:16
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(Actualisé avec nouvelles citations) JERUSALEM, 2 juin (Reuters) - Les conditions posées par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au processus diplomatique qui pourrait aboutir à la création d'un Etat palestinien nuisent à la crédibilité de l'Etat hébreu, estime Barack Obama. Le chef du gouvernement "a tellement d'exigences, tellement de conditions qu'il n'est pas réaliste de penser qu'elles puissent être remplies à brève échéance. Le risque est donc qu'Israël dans son ensemble perde en crédibilité. La communauté internationale ne croit déjà plus à la sincérité d'Israël concernant la solution à deux Etats", a déclaré le président des Etats-Unis dans un entretien accordé vendredi à la deuxième chaîne de télévision israélienne et diffusé mardi. Il laisse par ailleurs entendre que les Etats-Unis pourraient revenir sur le soutien qu'ils apportent systématiquement à l'Etat hébreu aux Nations unies en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, mais réaffirme son engagement en faveur de sa sécurité. A la veille des législatives du 17 mars qui lui ont valu son quatrième mandat à la tête du gouvernement, Benjamin Netanyahu a promis qu'aucun Etat palestinien ne verrait le jour tant qu'il serait Premier ministre. Il a depuis fait marche arrière, mais ses ouvertures diplomatiques suscitent désormais un profond scepticisme dans les chancelleries occidentales comme au sein de l'Autorité palestinienne, qui impute l'échec des négociations à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Il s'agit désormais de déterminer la marche à suivre "pour défendre Israël sur la scène internationale au sujet de la question palestinienne", poursuit Barack Obama, évoquant les projets de résolutions auxquels Washington s'est opposées pour encourager les négociations directes entre les deux parties. Prié de dire si les Etats-Unis avaient l'intention de poursuivre dans cette voie, le président s'est montré circonspect. "Eh bien, c'est tout l'enjeu. S'il n'y a pas de perspective réelle pour le processus de paix, si personne ne croit à l'existence d'un processus de paix, c'est plus compliqué d'argumenter auprès de ceux qui sont concernés par le développement des colonies, de ceux qui sont concernés par la situation actuelle. C'est plus difficile de leur dire : 'Soyez patients, attendez parce qu'il y a un processus de paix'", a-t-il expliqué. Les deux parties doivent désormais coopérer avec les Nations unies pour "passer d'une situation qui semble actuellement sans espoir à une situation plus optimiste", a ajouté Obama, sans avancer de proposition. (Dan Williams, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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