Obama: "La menace terroriste est réelle, mais nous la surmonterons"

le , mis à jour à 06:34
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    WASHINGTON, 7 décembre (Reuters) - La menace terroriste est 
entrée dans une "nouvelle phase" après la fusillade de San 
Bernardino, en Californie, a déclaré dimanche Barack Obama, qui 
a réaffirmé sa détermination à anéantir les djihadistes de 
l'Etat islamique. 
    Lors d'un discours à la nation prononcé dans le bureau ovale 
de la Maison blanche, le président des Etats-Unis s'est efforcé 
de rassurer ses concitoyens, sans toutefois proposer de 
modification de la stratégie mise en oeuvre contre les 
extrémistes, qui suscite des critiques de plus en plus vives. 
    Beaucoup plus mesuré que son homologue François Hollande, 
qui a déclaré la guerre à l'EI après les attentats de Paris, il  
y a trois semaines, Barack Obama a promis de "débusquer les 
terroristes" où qu'ils se trouvent, mais a exclu de se laisser 
entraîner "dans une nouvelle guerre terrestre longue et coûteuse 
en Irak ou en Syrie".  
    Mercredi, Syed Rizwan Farook et son épouse pakistanaise 
Tashfeen Malik ont tué 14 personnes dans un centre social de San 
Bernardino, avant d'être abattus par la police. Sans réellement 
revendiquer la tuerie, les djihadistes de l'EI en ont attribué 
samedi la responsabilité à deux de leurs "partisans". 
    "Il s'agissait d'un acte terroriste destiné à tuer des 
innocents", a déclaré Barack Obama. "La menace terroriste est 
entrée dans une nouvelle phase", a-t-il poursuivi, notant que 
L'EI "empoisonne" désormais les esprits via internet. 
    Selon lui, rien ne prouve que les tireurs de San Bernardino 
aient agi sur ordre d'un mouvement étranger ou qu'ils 
appartiennent à une cellule locale plus importante. 
    "La menace terroriste est réelle, mais nous la 
surmonterons", a-t-il promis.  
    Le président a invité les acteurs des nouvelles technologies 
à coopérer plus étroitement avec les pouvoirs publics pour 
permettre l'identification des extrémistes locaux qui envisagent 
de passer à l'action, ce qui risque de relancer le débat sur 
l'équilibre entre sécurité et respect de la vie privée.  
    Il a par ailleurs à nouveau plaidé pour une réforme de la 
législation sur les armes à feu, qui se heurte à la farouche 
hostilité du camp républicain.  
    "Nous devons aussi faire en sorte qu'il soit plus difficile 
d'acheter de puissants fusils d'assaut comme ceux qui ont été 
utilisés à San Bernardino (...) Nous pouvons et nous devons 
faire en sorte qu'ils aient plus de mal à tuer", a-t-il plaidé.  
     
    "NE PAS NOUS MONTER LES UNS CONTRE LES AUTRES" 
    Barack Obama a en outre mis en garde contre les amalgames. 
"Nous ne pouvons pas nous monter les uns contre les autres en 
laissant ce combat dériver vers une guerre entre l'Amérique et 
l'islam", a-t-il souligné, évoquant les propos incendiaires de 
Donald Trump, candidat à l'investiture républicaine pour la 
présidentielle de 2016.  
    Le camp conservateur et certains élus démocrates réclament 
davantage de fermeté à l'égard de l'EI depuis la fusillade. Il 
semble toutefois de plus en plus probable que leurs auteurs, qui 
ne faisaient l'objet d'aucune surveillance, aient agi de leur 
propre initiative.   
    "Les gens ont peur non seulement en raison de ces attaques 
mais à cause du sentiment de plus en plus présent que nous avons 
un président complètement dépassé par ces événements", a 
commenté le sénateur de Floride Marco Rubio, autre candidat à 
l'investiture républicaine.  
    Selon un membre de son administration, Barack Obama n'a pas 
l'intention de se rendre sur les lieux de la fusillade. Son 
dernier discours à la nation, prononcé à l'occasion de la fin 
des opérations de combat en Irak, remontait à août 2010.  
    
 
 (Jeff Mason, Roberta Rampton et Matt Spetalnick, Jean-Philippe 
Lefief pour le service français) 
 
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