Obama justifie sa prudence en Syrie face aux critiques

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    * Quelle idée hormis l'envoi massif de troupes au sol? 
dit-il 
    * Kerry menace de cesser de coopérer avec Moscou 
    * Des "options" non diplomatiques sont examinées 
    * L'armement des rebelles reste la plus probable 
 
    FORT LEE, Virginie, 29 septembre (Reuters) - Barack Obama, 
pressé d'offrir une réponse plus musclée face à l'aggravation de 
la situation en Syrie, a dit mercredi qu'il n'avait pas encore 
entendu d'idées pour mettre un terme à la guerre qui 
n'impliqueraient pas l'envoi en grand nombre de troupes 
américaines au sol, ce qu'il refuse.  
    "En Syrie, il n'existe aucun scénario, hormis le déploiement 
d'un grand nombre de troupes de notre part, qui nous permettrait 
de faire cesser une guerre civile dans laquelle chaque partie 
reste profondément campée sur ses positions", a déclaré le 
président américain lors d'un débat organisé dans la base 
militaire de Fort Lee et retransmis sur CNN. 
    Barack Obama a ajouté qu'il était important pour lui d'être 
"judicieux" dans l'envoi de troupes en raison des "incroyables 
sacrifices" que cela impliquerait et également parce que l'armée 
américaine reste engagée en Irak et en Afghanistan. 
    "Il existe des défis dans le monde qui ne concernent pas 
directement notre sécurité, où nous devons apporter une aide, 
mais où se contenter d'envoyer davantage de troupes n'est pas la 
réponse", a encore estimé le chef de la Maison blanche.  
    Les critiques de la politique d'Obama en Syrie estiment que 
son objectif affiché, le départ du président syrien Bachar al 
Assad, n'est pas assorti de moyens suffisants, qu'il aurait 
fallu armer les rebelles plus tôt, et davantage, ou permettre 
aux alliés de Washington de le faire, ou utiliser la puissance 
militaire américaine pour faire basculer le conflit.  
    Des experts de politique étrangère, qu'ils soient membres de 
l'administration ou extérieurs à la Maison blanche, regrettent 
en particulier la décision du président américain de ne pas 
avoir lancé de frappes aériennes contre Damas en 2013, alors 
même que le régime syrien, en utilisant des armes chimiques, 
avait franchi la "ligne rouge" qu'il avait lui-même fixée.  
     
    QUELLES SOLUTIONS ALTERNATIVES ? 
    Selon des responsables interrogés mercredi, l'administration 
Obama a commencé à envisager des réponses plus dures face à 
l'offensive menée par le régime syrien et son allié russe depuis 
la semaine dernière à Alep, y compris des options militaires, 
mais ces discussions "inter-agences" n'ont pas encore pris la 
forme de recommandations auprès du président.  
    Le porte-parole du département d'Etat John Kirby a reconnu, 
sans donner de détails, que des options "qui ne tournent pas 
autour de la diplomatie" étaient actuellement examinées.  
    Ces délibérations surviennent alors que le secrétaire d'Etat 
américain John Kerry a menacé mercredi de cesser de coopérer 
avec la Russie sur le dossier syrien si Moscou ne fait pas le 
nécessaire pour mettre fin à son assaut. Washington et la Russie 
ont parrainé une trêve qui s'est effondrée le 19 septembre.  
    Avant que toute action soit prise, a noté un responsable, il 
faudra d'abord que Washington "concrétise la menace de Kerry et 
rompe ses discussions avec les Russes" sur la Syrie.  
    Selon ces responsables s'exprimant en souhaitant rester 
anonymes, l'échec de la diplomatie américaine ne laisse pourtant 
pas d'autre choix que d'examiner des solutions alternatives, 
telles que l'envoi d'armes plus sophistiquées à la rébellion, ce 
qui semble plus probable aujourd'hui même si Washington s'y est 
opposé jusqu'alors.  
    Une autre option évoquée serait une frappe aérienne contre 
une base de l'armée syrienne, mais cela est considéré comme peu 
probable car elle pourrait faire des victimes russes, ont ajouté 
ces responsables.  
    Parmi les autres idées évoquées à Washington figurent 
l'envoi de forces spéciales supplémentaires pour entraîner les 
groupes rebelles kurdes et syriens et le déploiement de forces 
navales et aériennes supplémentaires dans l'est de la 
Méditerranée, région vers laquelle le porte-avions français 
Charles-de-Gaulle se dirige actuellement.  
    Un pont aérien humanitaire vers les zones tenues par les 
rebelles, qui impliquerait la mise en place d'escortes 
aériennes, a également été envisagé mais cela a été considéré 
comme trop risqué et "retiré de la liste", a dit un responsable. 
 
 (Roberta Rampton à Fort Lee, avec Jonathan Landay, John Walcott 
et Matt Spetalnick à Washington; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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