Obama invite l'Otan à rester ferme avec la Russie

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    * Le "Brexit" ne change rien à la relation USA-GB, dit Obama 
    * L'Otan renforce sa protection des Etats baltes et de la 
Pologne 
    * Entretien Hollande-Merkel-Poutine sur l'Ukraine 
 
 (Actualisé avec arrivées, début de la réunion) 
    VARSOVIE, 8 juillet (Reuters) - Pour le dernier sommet de 
l'Otan de sa présidence, Barack Obama a appelé vendredi ses 
partenaires à rester fermes vis-à-vis de la Russie tout en 
affirmant que le choix du Royaume-Uni de quitter l'Union 
européenne ne devait pas affaiblir l'Alliance.  
    Dans un entretien publié dans le Financial Times avant son 
arrivée à Varsovie, le président américain affirme que la 
"relation spéciale" avec le Royaume-Uni demeurera en dépit du 
choix des Britanniques, contre lequel il avait mis en garde. 
    "La relation entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni va 
perdurer. Je n'ai aucun doute sur le fait que le royaume restera 
l'un des membres les plus qualifiés de l'Otan", dit-il, ajoutant 
toutefois que le résultat du référendum du 23 juin posait des 
questions sur l'avenir de la construction européenne.  
    A son arrivée au sommet, le Premier ministre britannique 
David Cameron a répété que la décision de son pays ne signifiait 
pas "tourner le dos à l'Union européenne ni à l'Otan", dont il 
est le second contributeur après la France. 
    La Haute représentante européenne pour les Affaires 
étrangères, Federica Mogherini, a assuré pour sa part que le 
"Brexit" ne changeait "rien" aux relations entre l'UE et l'Otan. 
     
    ENTRETIEN ET RÉUNION SUR L'URKAINE 
    Durant ce sommet de deux jours, les 28 membres de l'Alliance 
atlantique doivent confirmer le déploiement de quatre 
bataillons, soit 3.000 à 4.000 hommes au total, dans les pays 
baltes et en Pologne, qui craignent une agression russe.  
    La défiance reste grande envers Moscou, plus de deux ans 
après l'annexion de la Crimée, en mars 2014.  
    "Nous devons rejeter toute vue de l'esprit quant à une 
relation de coopération pragmatique avec la Russie, tant qu'elle 
continue à envahir nos voisins", a ainsi déclaré le ministre des 
Affaires étrangères polonais, Witold Waszczykowski.  
    Barack Obama s'est montré plus diplomate, appelant au 
dialogue avec la Russie même s'il approuve le choix de ses 
alliés européens de maintenir les sanctions contre Moscou dans 
l'attente de la mise en oeuvre complète des accords de Minsk 
relatifs au conflit en Ukraine.  
    Bien que non membre de l'Otan, l'Ukraine est représentée à 
Varsovie par son président, Petro Porochenko, qui assistera 
samedi à une réunion de l'Alliance relative à son pays. 
    Le conflit ukrainien a aussi fait l'objet d'un entretien 
téléphonique vendredi matin entre le président français François 
Hollande, le président russe Vladimir Poutine et la chancelière 
allemande Angela Merkel.  
    L'Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, toutes 
membres de l'Otan, soupçonnent Moscou de vouloir déstabiliser 
leurs gouvernements pro-occidentaux, notamment à travers des 
cyberattaques.  
    Pour le président du Comité militaire de l'Otan, le général 
Petr Pavel, la Russie cherche à restaurer son image de grande 
puissance, y compris sur le plan militaire.  
    "Nous devons accepter le fait que la Russie puisse être un 
concurrent, un adversaire, ou un partenaire et probablement les 
quatre à la fois", a-t-il déclaré.  
    Le Kremlin a dit juger absurdes les craintes de l'Otan, et 
émis le souhait que le "bon sens" l'emporte à Varsovie. Moscou 
reste ouvert au dialogue avec l'Otan et prêt à coopérer avec 
elle, a dit à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri 
Peskov. 
     
    "NOUS NE VOULONS PAS D'UNE NOUVELLE GUERRE FROIDE" 
    Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Alliance 
atlantique a affirmé pour sa part que l'Otan recherchait "un 
dialogue constructif avec la Russie". 
    "Notre position est claire. L'Otan ne cherche pas la 
confrontation, nous ne voulons pas d'une nouvelle Guerre 
froide", a-t-il dit juste avant l'ouverture du sommet.  
    A son arrivée dans la capitale polonaise, François Hollande 
a lui aussi cherché à apaiser les craintes de Moscou sur les 
intentions de l'Alliance atlantique, notamment en matière de 
consolidation de sa défense antimissile. 
    "L'Otan n'a pas du tout vocation à peser sur les relations 
que l'Europe doit avoir avec la Russie. Et pour la France la 
Russie n'est pas un adversaire, n'est pas une menace", a-t-il 
déclaré.  
    Moscou a dit son intention de déployer des missiles 
nucléaires à Kaliningrad, enclave russe située entre la Pologne 
et la Lituanie, en réponse aux intentions de l'Alliance de 
déployer un bouclier antimissile sur le sol polonais. 
    L'Alliance doit en outre annoncer son soutien aux efforts 
déployés en mer Méditerranée pour contenir le flot de réfugiés 
en provenance d'Afrique du Nord.  
 
 (Gabriela Baczynska, Wiktor Szary et Elizabeth Pineau, édité 
par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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