Obama fait l'éloge de Merkel, s'interroge sur Trump et la Russie

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 (Actualisé avec autres déclarations d'Obama) 
    par Jeff Mason et Andrea Shalal 
    BERLIN, 17 novembre (Reuters) - Barack Obama a rendu un 
hommage appuyé à Angela Merkel jeudi lors de sa visite à Berlin, 
pendant laquelle il a souhaité que Donald Trump fasse preuve de 
fermeté à l'égard de Moscou.  
    Le président sortant américain a exprimé l'espoir qu'une 
fois entré à la Maison blanche le 20 janvier prochain, le 
milliardaire new-yorkais se départirait de son ton agressif 
employé durant la campagne et qu'il garderait en tête les 
valeurs démocratiques au moment de choisir son administration. 
    "Ce qui me rend prudemment optimiste à propos de mon 
successeur et le passage de la campagne à l'exercice du 
gouvernement est qu'il y a quelque chose, dans le caractère 
solennel des responsabilités de cette fonction (...), qui vous 
oblige à vous y consacrer pleinement", a-t-il dit.  
    "Si vous ne prenez pas ce travail au sérieux, alors vous ne 
resterez probablement pas longtemps parce que cela posera des 
problèmes", a-t-il ajouté.  
    Donald Trump a battu le 8 novembre l'ancienne secrétaire 
d'Etat d'Obama Hillary Clinton en déjouant les pronostics, au 
terme d'une campagne marquée par de multiples provocations. Il a 
également loué le président russe Vladimir Poutine, sanctionné 
par les Etats-Unis et l'Europe après l'annexion de la péninsule 
ukrainienne de Crimée en mars 2014.  
    Obama, qui préconise, comme Angela Merkel, le renouvellement 
de ces sanctions jusqu'au respect par Moscou des accords de paix 
de Minsk, a souhaité que Donald Trump se montre pragmatique dans 
ses rapports avec Moscou.  
    "Mon espoir est qu'il n'adoptera pas simplement une approche 
de realpolitik et laissera entendre qu'on peut conclure des 
accords avec la Russie même si cela nuit aux peuples, si cela 
viole le droit international ou que cela rend vulnérable de plus 
petits pays ou crée des problèmes de long terme dans des pays 
comme la Syrie", a dit le président sortant.  
    "J'espère que le président élu adoptera une approche 
constructive, en trouvant des domaines où nous pouvons coopérer 
avec la Russie lorsque nos valeurs et nos intérêts s'alignent, 
mais que le président élu sera également capable de résister à 
la Russie quand cette dernière se détourne de nos valeurs et du 
droit international", a ajouté Obama.  
     
    COMPLICITÉ 
    Angela Merkel et Barack Obama ont développé au cours de 
leurs mandats respectifs une relation proche, ce que la visite 
de Barack Obama dans la capitale allemande a reflété.  
    "Cette séparation est difficile pour moi", a reconnu la 
chancelière allemande, soulignant qu'elle devait se résoudre au 
fait que la Constitution américaine limite à huit ans la durée 
maximale du mandat présidentiel. 
    La Constitution allemande ne pose en revanche aucune limite 
et Angela Merkel pourrait briguer un quatrième mandat consécutif 
lors des élections législatives de septembre 2017.  
    Interrogée sur le fait de savoir si elle comptait se 
représenter, Angela Merkel a refusé de répondre, se bornant à 
indiquer qu'elle choisirait le moment approprié pour l'annoncer, 
"et ce n'est pas aujourd'hui". 
    Barack Obama a fait l'éloge de la chancelière, "partenaire 
exceptionnelle", ajoutant qu'il voterait pour elle s'il était 
allemand. 
    "Si elle choisit de continuer, elle aura de lourds fardeaux. 
J'aimerais être là pour alléger son chargement", a dit le 
président américain, tout en jugeant la dirigeante allemande 
"coriace".  
    Les deux dirigeants ont dîné ensemble à l'hôtel de Barack 
Obama mercredi et ont fait de même jeudi soir à la chancellerie. 
    Ils rencontreront vendredi d'autres dirigeants européens. 
Barack Obama prendra ensuite un avion pour le Pérou, dernière 
étape de son voyage qui l'a également conduit à Athènes. 
 
 (Avec Paul Carrel, Madeline Chambers; Jean-Stéphane Brosse pour 
le service français) 
 
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  • mlcbnb il y a 10 mois

    les sanctions n'ont rien apporté. Les actions militaires contre des dictateurs n'ont pas vraiment apporté plus de liberté, mais souvent beaucoup plus de morts, esclaves. A qui rapportent des sanctions et les actions militaires, On peut ou ne peut pas aimer les russes, mais ce sont eux qui ont coupé la route du pétrole qui permettait à l'EI de se fournir en armes (vendues par qui ?). commission d'enquête sur la provenance des armes