Obama et Xi s'entendent pour lutter contre la cybercriminalité

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par Matt Spetalnick et Michael Martina WASHINGTON, 25 septembre (Reuters) - Le président Barack Obama et son homologue chinois, Xi Jinping, en visite à Washington, ont conclu vendredi un accord de principe sur la marche à suivre pour lutter contre la cybercriminalité et l'espionnage industriel via internet. Les deux chefs d'Etat ont par ailleurs dévoilé, s'agissant de l'environnement, les mesures qu'ils entendent mettre en oeuvre pour appliquer l'accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre conclu l'an dernier. A l'issue de leur entrevue à la Maison blanche, le président américain a d'emblée abordé le piratage informatique, point le plus épineux des relations bilatérales. "J'ai exprimé une fois de plus nos inquiétudes croissantes concernant les menaces grandissantes liées à la cybersécurité des entreprises et des citoyens américains. J'ai indiqué que cela devait cesser", a-t-il déclaré, s'adressant à la presse en compagnie du président chinois. "Je peux annoncer aujourd'hui que nos deux pays sont parvenus à une compréhension commune quant à la marche à suivre." L'accord prévoit la création d'un groupe d'experts chargé de discussions sur le sujet et la tenue deux fois par an de rencontres à haut niveau à compter de la fin de l'année, précise la Maison blanche. Les fastes déployés pour la visite d'Etat de Xi Jinping n'ont toutefois pas éclipsé les nombreux contentieux qui opposent Washington et Pékin. Outre la cybersécurité, les Etats-Unis s'inquiètent notamment de la politique économique de la Chine, de ses revendications territoriales et du respect des droits de l'homme sur son territoire. Malgré ces désaccords, Barack Obama a accueilli son hôte sur la grande pelouse de la résidence présidentielle, où il a eu droit aux honneurs militaires. Vingt et un coups de canon ont été tirés pour l'occasion. Dans le cadre des mesures conjointes concernant la lutte contre le réchauffement climatique, l'un des rares points d'accord que les deux parties se sont attachées à mettre en avant, Xi Jinping a annoncé la création en 2017 d'un marché de crédits d'émission qui s'appuiera sur les sept marchés régionaux déjà opérationnels en Chine. "GRANDE OUVERTURE D'ESPRIT" Pékin a en outre promis d'investir 20 milliards de yuans (2,8 milliards d'euros) pour aider les pays en développement à combattre les changements climatiques et à s'y adapter. Washington a de son côté renouvelé sa promesse de contribuer à hauteur de trois milliards de dollars au Fonds vert pour le climat de l'Onu. Les Etats-Unis et la Chine ont franchi un pas important l'an dernier en se fixant des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre au-delà de 2020. Son statut de pays en développement permet à la Chine, premier pollueur mondial, d'échapper à toute obligation en la matière, ce qui irrite les pays industrialisés. Barack Obama souhaite supprimer la distinction entre pays en développement et pays industrialisés. La déclaration commune signée vendredi lui donne un davantage de poids avant le sommet de Paris sur le climat (COP21), qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre à Paris. Le président des Etats-Unis a par ailleurs promis de continuer à évoquer les points de friction. "Nous pensons que les nations sont plus efficaces et que le monde fait davantage de progrès quand nos entreprises concourent sur un pied d'égalité, quand les divergences sont résolues pacifiquement et quand les droits humains universels sont respectés", a-t-il souligné. Xi Jinping a quant à lui souhaité que les problèmes soient abordés avec "une grande ouverture d'esprit" et dans le "respect mutuel". "Nous devons nous rencontrer à mi-chemin", a-t-il poursuivi, tandis que plusieurs dizaines de personnes manifestaient contre sa venue devant la Maison blanche. Barack Obama l'a en outre invité à poursuivre la réforme de l'économie chinoise et à faire en sorte que les entreprises américaines implantées en Chine ne soient victimes d'aucune discrimination. Il a par ailleurs dit avoir eu une discussion "franche" avec son homologue en ce qui concerne les différends territoriaux de mer de Chine méridionale. Sur ce sujet, le présidnet chinois a déclaré : "Nous sommes décidés à oeuvrer à la paix et à la stabilité en mer de Chine méridionale, à traiter nos divergences et désaccords par le dialogue (...) La confrontation et les tensions ne sont pas le bon choix". (Avec Jeff Mason, Valerie Volcovici, Julia Edwards et David Brunnstrom, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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