Obama et Romney reprennent la route avec l'emploi en tête

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SPRINT FINAL DANS LA COURSE À LA MAISON BLANCHE
SPRINT FINAL DANS LA COURSE À LA MAISON BLANCHE

par Jeff Mason et Sam Youngman

PORTSMOUTH, New Hampshire/ORANGE CITY, Iowa (Reuters) - Les chiffres de l'emploi, moins bons que prévu, publiés vendredi aux Etats-Unis ont fragilisé Barack Obama au moment où le président démocrate et son adversaire républicain Mitt Romney entament le sprint final vers leur duel du 6 novembre pour la Maison blanche.

Après trois jours passés dans l'atmosphère amicale de la convention démocrate à Charlotte, en Caroline du Nord, Barack Obama a été rattrapé par la dure réalité de la campagne avec l'annonce de chiffres mensuels de l'emploi inférieurs aux attentes.

Le nombre de créations nettes de postes hors secteur agricole a été de 96.000 en août, a annoncé le département du Travail, alors que les économistes en attendaient 125.000 et qu'il y en avait eu plus de 140.000 en juillet.

Le taux de chômage a, certes, reculé à 8,1% de la population active, contre 8,3% en juillet, mais cette diminution est à mettre sur le nombre croissant d'Américains qui renoncent à retrouver un emploi.

A deux mois de l'échéance présidentielle, Mitt Romney s'est aussitôt emparé de ces chiffres de l'emploi pour critiquer de nouveau la politique économique du président.

"Si la nuit dernière c'était la fête, ce matin, c'est la gueule de bois", dit le candidat républicain dans un communiqué. "Il est clair que le président Obama n'a tout simplement pas tenu ses promesses et que sa politique n'a pas marché."

"PAS ASSEZ BONS"

Il a par la suite qualifié ces chiffres de l'emploi de "décourageants" et "simplement inimaginables". "Le président n'a quasiment rien fait ces trois dernières années et demie, quatre années, pour que le peuple américain soit certain qu'il sait ce qu'il fait en matière d'emplois et d'économie", a dit Mitt Romney lors d'un déplacement dans l'Iowa.

Barack Obama a reconnu que l'économie américaine ne créait pas encore d'emplois aussi rapidement que nécessaire.

"Nous savons que ce n'est pas assez bon. Nous devons créer plus d'emplois plus rapidement. Nous devons combler plus rapidement ce trou laissé par cette récession", a-t-il dit lors d'un meeting de campagne dans le New Hampshire.

Le président a en outre accusé les républicains de bloquer ses projets au Congrès et de rester flous sur la manière dont eux-mêmes créeraient des emplois.

Un sondage Reuters/Ipsos réalisé avant la publication des chiffres de l'emploi montre que Barack Obama a repris un léger avantage sur Mitt Romney dans les intentions de vote au niveau national lors de la convention démocrate. Il est désormais devant avec 46% contre 44% pour son rival républicain.

L'économiste de la Maison blanche Alan Krueger s'est pour sa part attaché à souligner le côté positif de la statistique : le secteur privé est créateur d'emplois depuis deux ans et demi.

Bob Casey, président démocrate de la commission économique commune à la Chambre et au Sénat, a lui aussi insisté sur "les 30 mois consécutifs de croissance de l'emploi dans le secteur privé."

Mais pour le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, "ces chiffres soulignent les promesses non tenues du président Obama de faire repartir l'économie."

"Les salaires stagnent, les prix de l'essence et les coûts en matière de santé sont en hausse, la dette nationale a dépassé les 16.000 milliards de dollars et des millions d'Américains restent sans emploi ou sous-employés."

INEDITS ECONOMIQUES

Après les deux conventions, les candidats ont repris la route avec le même objectif : faire la différence sur le terrain de l'économie et de l'emploi, premières préoccupations des électeurs.

Barack Obama, arrivé au pouvoir au plus fort de la récession de 2007-2009, a fait reculer le taux de chômage, qui a un moment atteint 10% de la population active en octobre 2009, lors de sa première année au pouvoir, mais butte sur la barre des 8%.

Le taux de chômage est supérieur à 8% depuis 43 mois, la durée la plus longue depuis la Grande Dépression. Pour le faire baisser, il faudrait environ 125.000 créations nettes d'emplois par mois, estiment les économistes.

Mitt Romney, ex-magnat de la finance, a fait de son expérience des affaires l'argument central de sa campagne. Il se dit à ce titre mieux armé pour relancer le marché du travail.

Barack Obama et son vice-président Joe Biden ont pris vendredi la direction de l'Iowa et du New Hampshire. Mitt Romney est également attendu dans ces Etats qui comptent parmi les huit à dix jugés décisifs dans la quête des 270 grands électeurs nécessaires pour être élu ou réélu. Floride, Virginie, Caroline du Nord, Ohio, Colorado, Nevada et Wisconsin sont également du nombre.

Les deux états-majors et leurs donateurs y ont englouti des centaines de millions de dollars sous forme de spots télévisés. L'équipe de Mitt Romney a annoncé le lancement ce vendredi de 15 spots inédits centrés sur l'économie dans le cadre d'une campagne baptisée "Un avenir meilleur".

Jean-Philippe Lefief, Danielle Rouquié et Bertrand Boucey pour le service français

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