Obama et Clinton prônent l'unité derrière une présidence Trump

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    par Steve Holland et John Whitesides 
    WASHINGTON, 10 novembre (Reuters) - Un jour après sa 
victoire choc aux élections présidentielles américaines, Donald 
Trump se rendra ce jeudi à la Maison blanche sur invitation de 
Barack Obama, le président sortant ainsi que la candidate 
malheureuse au scrutin Hillary Clinton appelant à l'unité 
derrière le futur locataire de la Maison blanche. 
    Ces appels interviennent alors que des milliers de 
manifestants ont défilé dans les rues des grandes villes 
américaines pour protester contre Donald Trump, condamnant les 
propos polémiques tenus par l'homme d'affaires lors de sa 
campagne à l'égard des immigrés, des musulmans et d'autres 
catégories de population.   
    A l'issue d'une des campagnes présidentielles les plus 
acrimonieuses des Etats-Unis, au cours de laquelle le magnat 
immobilier a notamment été accusé de jouer sur les divisions du 
pays, les principaux protagonistes de l'échiquier politique 
espèrent ouvrir un chapitre plus apaisé. 
    "Donald Trump va être notre prochain président. Nous lui 
devons d'avoir l'esprit ouvert et (lui laisser) la chance de 
diriger", a déclaré Hillary Clinton devant ses partisans après 
avoir reconnu une défaite électorale "douloureuse" face à Donald 
Trump.   
    Le succès inattendu de l'homme d'affaires new-yorkais âgé de 
70 ans, qui deviendra le 20 janvier le 45e président des 
Etats-Unis et succédera à Barack Obama à la Maison blanche, met 
fin à huit années d'administration démocrate et place la 
première puissance mondiale sur une voie nouvelle et incertaine. 
    Le président sortant, qui s'était fortement engagé dans la 
campagne d'Hillary Clinton, tenant à l'occasion des propos peu 
amènes à l'égard de Donald Trump, a déclaré qu'il tenait à 
assurer avec de dernier une transition aussi réussie que 
possible.   
    "Nous souhaitons désormais tous qu'il réussisse à unifier à 
et à diriger le pays. Nous ne sommes pas, au premier chef, ni 
des démocrates ni des républicains, nous sommes d'abord des 
Américains", a dit Barack Obama. 
     
    PREMIERS NOMS ÉVOQUÉS POUR LA FUTURE ADMINISTRATION 
    Au bout d'une longue nuit électorale, la victoire du 
milliardaire a été annoncée mercredi vers 07h30 GMT lorsqu'il 
est apparu qu'il avait réuni plus de 270 grands électeurs sur 
538, la majorité absolue requise pour accéder à la présidence. 
  
    Les républicains conservent parallèlement le contrôle de la 
Chambre des représentants et du Sénat. 
    S'exprimant à son QG new-yorkais dans la foulée de sa 
victoire, le futur président des Etats-Unis avait le premier 
lancé un appel à l'unité au terme d'une campagne qui a mis en 
lumière de manière souvent crue les divisions profondes de la 
société américaine. 
    "Il est temps pour nous de nous rassembler", a-t-il déclaré. 
"Je serai le président de tous les Américains." 
    Changeant lui aussi de ton après avoir dénoncé sans relâche 
pendant des mois "Hillary la véreuse" et réclamé qu'elle soit 
jetée en prison, Donald Trump a déclaré devant ses partisans en 
liesse avoir remercié sa rivale pour son action et une campagne 
durement menée. 
    Sa directrice de campagne, Kellyanne Conway, a cependant dit 
mercredi que le camp républicain n'excluait pas de nommer un 
procureur spécial pour enquêter sur les éventuels agissements 
d'Hillary Clinton, comme Donald Trump en avait brandi la menace 
le mois dernier pendant un débat télévisé. 
    Donald Trump a commencé à travailler sur la composition de 
sa future équipe, ont dit des sources, l'homme d'affaires 
prévoyant de placer à des postes ses soutiens les plus fidèles 
pendant la campagne. 
    Selon des sources au fait du processus de la passation de 
pouvoir, Jeff Sessions, un sénateur de l'Alabama qui a été l'un 
des plus fervents soutiens de l'homme d'affaires au Congrès, 
devrait décrocher un poste de premier plan, peut-être celui de 
secrétaire à la Défense. 
    Newt Gingrich, ancien "speaker" de la Chambre des 
représentants et le sénateur du Tennessee de Bob Corker étaient 
de leur côté pressentis pour être secrétaire d'Etat. Le second 
préside la commissions des relations internationales du Sénat. 
  
     
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 (Avec les rédactions de Reuters, Pierre Sérisier, Jean-Stéphane 
Brosse et Tangi Salaün pour le service français, édité par 
Benoît Van Overstraeten) 
 
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