Obama entame sa visite en Israël, allié "indéfectible" des USA

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BARACK OBAMA EN ISRAËL
BARACK OBAMA EN ISRAËL

par Matt Spetalnick et Crispian Balmer

JERUSALEM (Reuters) - Barack Obama a entamé mercredi sa première visite officielle en Israël en réaffirmant "l'engagement sans faille" des Etats-Unis en faveur de la sécurité de l'Etat juif, malgré les tensions bilatérales suscitées par le dossier nucléaire iranien.

Il a en outre réaffirmé la nécessité d'un règlement du conflit israélo-palestinien, au premier de ses trois jours de visite dans la région. Arrivé à la mi-journée à l'aéroport international de Tel Aviv, le président américain doit, après Israël, se rendre jeudi en Cisjordanie et vendredi en Jordanie.

A sa descente d'avion, Barack Obama a donné une brève accolade au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avec qui il entretient des relations notoirement glaciales, puis au président Shimon Peres avant de distribuer sourires et poignées de mains aux ministres alignés derrière eux.

"Je vois dans cette visite l'occasion de réaffirmer le lien indéfectible entre nos deux pays, ainsi que l'engagement sans faille des Etats-Unis en faveur de la sécurité d'Israël. Je vois là aussi une occasion de m'adresser directement aux Israéliens et à vos voisins", a-t-il dit dans un discours prononcé sur le tarmac, où le tapis rouge avait été déroulé.

"Je suis confiant en déclarant que notre alliance est éternelle, est 'lanetzach'", a-t-il dit, employant le mot hébreu qui signifie "pour toujours".

Dans son allocution, Benjamin Netanyahu a mentionné le droit d'Israël à l'autodéfense, soutenu par Barack Obama. "Merci d'affirmer sans équivoque le droit souverain d'Israël à se défendre lui-même contre toute menace", a déclaré le chef de la droite israélienne.

ENTRETIENS À JÉRUSALEM

Premier geste symbolique de la visite, Barack Obama a par la suite inspecté avec le Premier ministre israélien un camion équipé d'une batterie de missiles antiaériens "Iron Dome" (Dôme de fer) installée pour l'occasion sur l'aéroport.

La Maison blanche présente ce système, qui aide les Israéliens à se protéger des roquettes en provenance de Gaza, comme un exemple majeur de l'engagement des Etats-Unis pour la sécurité d'Israël.

Le message devrait être martelé durant le séjour de Barack Obama. "Dôme de fer" est en partie financé par les Etats-Unis, qui versent trois milliards de dollars chaque année à Israël.

Barack Obama a également formulé ses espoirs de paix, mais sans mentionner directement les Palestiniens.

"Même si nous sommes bien conscients des difficultés, nous ne perdrons jamais de vue la perspective d'un Israël en paix avec ses voisins", a déclaré le président démocrate.

Au début de son premier mandat, Barack Obama avait tenté de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes mais celles-ci ont achoppé en 2010 sur la question des colonies juives de peuplement en Cisjordanie, et le nouveau gouvernement Netanyahu compte plusieurs ministres partisans des colonies.

A l'issue de la cérémonie d'accueil, Barack Obama et sa délégation ont parcouru en hélicoptère la courte distance séparant Tel Aviv de Jérusalem, où le président américain et son secrétaire d'Etat, John Kerry, prévoyaient plusieurs heures de discussions avec Benjamin Netanyahu. Les deux dirigeants tiendront une conférence de presse commune à 20h10 (18h10 GMT).

Avant ce voyage, la Maison blanche a délibérément minimisé tout espoir de percée majeure. Le président Barack Obama, a-t-elle dit, ne présentera pas de nouvelle initiative de paix et vient avant tout pour écouter et rassurer.

UNE VISITE À CONTRETEMPS ?

Ce parti pris étonne certains diplomates et commentateurs.

"Cela me semble être une visite à contretemps et mal conçue", déplore Gigi Grinstein, de l'institut Reut, un cercle de réflexion de Tel Aviv.

"Sur la situation iranienne, Israël et les Etats-Unis ne semblent avoir rien de nouveau à se dire. Sur la Syrie, les Américains n'ont pas de perspective claire et sur la question palestinienne, ils apparaissent en recul."

Côté palestinien, on peste également contre un voyage sans annonce concrète.

"Ce n'est pas une visite positive", a déclaré un haut responsable de l'OLP, Wassel Abou Youssef. Après un dialogue avec des étudiants israéliens, Barack Obama se rendra jeudi après-midi en hélicoptère à Ramallah pour y rencontrer le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Barack Obama et Benjamin Netanyahu sont en début de mandat avec le souci de remettre à zéro leurs relations et d'éviter ainsi toute confrontation publique sur les sujets qui fâchent.

"Pour dire la vérité, ils ne peuvent pas se supporter", a déclaré un commentateur à la dixième chaîne israélienne.

L'Iran devrait figurer en tête du menu des discussions.

Les Etats-Unis et Israël s'accordent à dire que l'Iran ne doit pas parvenir à se doter de l'arme atomique, bien que Téhéran ne cesse de dire que son programme nucléaire n'a que des visées pacifiques. Mais les deux alliés ne sont pas d'accord sur le degré d'urgence d'une action militaire préventive si la diplomatie devait échouer.

Devant l'Assemblée générale des Nations unies en septembre, Benjamin Netanyahu a fixé à mi-2013 une "ligne rouge" au-delà de laquelle il souhaite ne plus voir l'Iran enrichir de l'uranium à un degré susceptible de conduire à une utilisation militaire.

Le sujet est revenu de façon incongrue lors de la cérémonie d'accueil à Tel Aviv. Prié par le protocole de "suivre la ligne rouge" dessinée sur le tarmac pour s'approcher de la batterie de missiles "Dôme de fer", Barack Obama a plaisanté au sujet de Netanyahu : "Il me parle tout le temps de ses lignes rouges. Tout cela est un complot psychologique."

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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