Obama en Asie pour rallier ses alliés face à une Chine réveillée

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par David Brunnstrom et Randy Fabi WASHINGTON/DJAKARTA, 9 novembre (Reuters) - Barack Obama se rend dimanche en Asie où il s'attachera à réaffirmer le rôle des Etats-Unis dans la région alors que certains alliés de Washington se montrent moins empressés à tenir tête à une Chine devenue influente économiquement. Ce déplacement intervient à un moment délicat pour le président démocrate dont la marge de manoeuvre politique est désormais réduite avec la perte de la majorité au profit des républicains dans les deux chambres du Congrès. Durant son séjour, Barack Obama assistera au forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) les 10 et 11 novembre à Pékin et au sommet de l'Asie de l'Est (EAS) le 13 novembre en Birmanie. Ces entretiens les plus importants seront peut-être ceux qu'il aura avec son homologue chinois Xi Jinping les 11 et 12 novembre. Barack Obama, dit-on dans son entourage, a prévu d'évoquer avec le président chinois le comportement agressif de la Chine dans ses revendications maritimes en Asie. "Nous allons devoir parler très directement et franchement au sujet de certaines de nos inquiétudes et zones de désaccord", a déclaré à Reuters un membre de l'administration Obama. Bien que plusieurs pays d'Asie, notamment les Philippines et le Viêtnam, cherchent à se rapprocher des Etats-Unis face à ce qu'ils considèrent comme une agression de la Chine dans la revendication de ses droits en mer de Chine méridionale, d'autres alliances de longue date des Etats-Unis sont apparues moins solides. Principalement en raison de l'influence croissante de la Chine en matière économique. Le commerce des pays de l'Asie du Sud-Est avec l'empire du Milieu a été multiplié par quatre ces dix dernières années pour atteindre 350 milliards de dollars (280 milliards d'euros) l'an dernier. Il devrait atteindre 1.000 milliards de dollars à l'horizon 2020. L'Indonésie, traditionnel allié des Etats-Unis en Asie du Sud-Est, a signalé un changement en matière de politique étrangère, qu'elle veut moins médiatisée, depuis l'élection cette année du président populiste Joko Widodo. Le nouveau chef de l'Etat indonésien avait indiqué lors de la campagne électorale qu'il comptait se recentrer sur les questions de politique intérieure. MARQUÉ DES POINTS En Thaïlande, depuis le coup d'Etat militaire de mai dernier, Washington a réduit les relations diplomatiques et les manoeuvres militaires conjointes. Quant à la Malaisie, qui présidera l'an prochain l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), elle est la cible d'une vague d'investissements chinois. Elle travaille actuellement avec Pékin à améliorer l'accord de libre-échange entre l'Asean et la Chine. Washington a toutefois marqué des points dans la région. En avril dernier, les Etats-Unis et les Philippines ont signé un nouvel accord de sécurité sur dix ans autorisant une présence militaire américaine accrue sur le sol philippin. En juillet, le Japon, autre allié des Etats-Unis, a revu son interprétation de sa constitution pacifiste pour autoriser les militaires japonais à aider un Etat ami qui serait attaqué. Washington a accepté d'améliorer sa coopération avec l'Australie en matière de défense et négocié avec l'Inde une prolongation de dix ans d'un accord bilatéral de coopération militaire. Le Pentagone dit avoir désormais 1.150 "marines" à Darwin, dans le nord de l'Australie, contre 200 en avril 2012. Surtout, près de 40 ans après la fin de la guerre du Viêtnam, les Etats-Unis ont partiellement levé le mois dernier l'interdiction des ventes d'armes à Hanoï pour aider cet Etat communiste à renforcer sa sécurité maritime. Cela fait suite à la crise qui a éclaté en mai dernier entre la Chine et le Viêtnam après le stationnement par la compagnie publique pétrolière chinoise CNOOC d'une plate-forme de forage en eaux profondes au large dans un secteur considéré par Hanoï comme étant sa zone économique exclusive (ZEE). "Il n'y a aucun pays de la région, compte tenu de l'ascension de la Chine (...) qui ne soit pas à la base un partisan convaincu d'une Amérique restant stratégiquement engagée dans la région", résume Russell Trood, professeur associé d'études américaines à l'université de Sydney. "Et pourtant, quand on leur demande de se lever et de manifester ouvertement leur position, peu sont prêts à le faire au niveau qui, sans aucun doute, rassurerait Washington." (Avec Matt Spetalnick et David Alexander à Washington, Randy Fabi à Djakarta, Manuel Mogato à Manille, Al-Zaquan Amer Hamzah , Trinna Leong et Yantoultra Ngui à Kuala Lumpur et Matt Siegel à Sydney; Danielle Rouquié pour le service français)

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