Obama dresse un sombre tableau de la situation en Syrie

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 (Actualisé avec précisions) 
    par Jeff Mason 
    LIMA, 21 novembre (Reuters) - Le président américain Barack 
Obama a présenté dimanche sa vision très sombre de la situation 
en Syrie en soulignant que le soutien de la Russie et de l'Iran 
au président syrien Bachar al Assad avait encouragé la 
répression des rebelles. 
    "Je ne suis pas optimiste sur les perspectives à court terme 
en Syrie", a déclaré Barack Obama lors de la conférence de 
presse de clôture du sommet de la Coopération Asie-Pacifique 
(Apec) au Pérou. 
    "Une fois que la Russie et l'Iran ont décidé de soutenir 
Assad (et de lancer) une campagne aérienne brutale et 
essentiellement une pacification d'Alep sans tenir compte des 
victimes civiles, des enfants tués ou blessés, des écoles ou des 
hôpitaux détruits, alors il est très difficile de voir un moyen 
par lequel même une opposition entraînée et modérée puisse 
défendre durablement son territoire", a déclaré le président 
sortant américain. 
    Le chef de la Maison blanche s'est entretenu pendant environ 
quatre minutes dimanche avec son homologue russe Vladimir 
Poutine au sujet de la Syrie et de l'Ukraine. C'était sans doute 
la dernière rencontre entre les deux chefs d'Etat avant le 
départ de Barack Obama et l'arrivée de Donald Trump à la Maison 
blanche le 20 janvier prochain. 
    Lors de la conférence de presse, Obama a raconté avoir dit à 
Poutine lors de cette rencontre éclair qu'il était très 
préoccupé par le drame syrien et a dit avoir plaidé pour la mise 
en place d'un cessez-le-feu. 
     
    EN PROIE AU CHAOS 
    "A ce stade, il va falloir qu'il y ait un changement de la 
manière dont toutes les parties réfléchissent (...) pour que 
nous mettions fin à la situation là-bas", a déclaré Obama. 
    "Il ne fait pas de doute qu'il continuera à y avoir des 
forces extrémistes en Syrie et autour parce qu'elle sera en 
proie au chaos pendant encore un certain temps." 
    Dans le cadre du programme d'aide militaire supervisé par la 
CIA, des rebelles syriens modérés ont reçu des armes et une 
formation en coordination avec la Turquie, l'Arabie saoudite, le 
Qatar et la Jordanie.  
    Trump a fait connaître son opposition à un soutien américain 
aux rebelles, disant vouloir se concentrer sur la lutte contre 
l'Etat islamique. Il a même dit que pour combattre l'EI, il 
n'excluait pas de coopérer avec la Russie, le grand allié de 
Bachar al Assad, qui bombarde les rebelles en Syrie depuis plus 
d'un an. 
    Le président américain a également évoqué les questions 
qu'il se pose sur la Syrie depuis cinq ans maintenant. Il a 
conclu, a-t-il dit, que les Etats-Unis n'avaient pas de 
fondement juridique pour une implication militaire en Syrie et 
que le faire aurait été une "erreur stratégique" compte tenu de 
la nécessité de stabiliser l'Afghanistan et l'Iran tout en 
luttant globalement contre l'Etat islamique. 
    Sur le terrain, les combats ont fait de nouvelles victimes 
civiles, dimanche à Alep, où huit enfants ont été tués dans une 
école bombardée par les rebelles côté Ouest.   
 
 (Avec Dustin Volz et Caren Bohan à Washington; Danielle Rouquié 
pour le service français) 
 
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