Obama doit faire marcher sa stratégie contre l'Etat islamique

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par Steve Holland WASHINGTON, 7 septembre (Reuters) - Barack Obama a fait savoir qu'il avait bien une stratégie contre l'Etat islamique. Il doit désormais prouver qu'il peut la mettre en oeuvre efficacement. Un peu plus d'une semaine après avoir déclaré que les Etats-Unis n'avaient "pas encore de stratégie" face à l'Etat islamique (EI), qui contrôle une partie de la Syrie et de l'Irak, le président américain a exposé vendredi lors du sommet de l'Otan les grandes lignes de son plan d'action pour faire disparaître l'EI. Il a annoncé une coalition de neuf pays (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Danemark, Turquie, Pologne, Canada et Australie) prêts à aider les Etats-Unis à lutter contre l'EI. Mais le chef de la Maison blanche veut éviter le scénario par lequel des frappes aériennes seraient lancées sans que rien ne soit fait en parallèle pour combler le vide politique qui a permis à l'EI d'occuper le terrain. Un des points centraux de la stratégie de Barack Obama est de s'assurer que le nouveau Premier ministre irakien puisse former un gouvernement d'unité nationale, peut-être la semaine prochaine, avec partage du pouvoir entre chiite et sunnites de façon à rendre ces derniers plus disposés à lutter contre l'EI. Ce qui n'est pas clair pour l'instant est de savoir si les alliés occidentaux et les Etats arabes se joindront aux Etats-Unis pour lancer des frappes aériennes. Pour l'instant, leur contribution semble plutôt s'orienter vers des missions d'entraînement et d'équipement des forces irakiennes et des rebelles sunnites modérés. Le président américain souhaite que les Etats arabes du Golfe envisagent d'intervenir militairement mais aussi qu'ils soutiennent les sunnites modérés d'Irak et de Syrie susceptibles de contester la suprématie de l'Etat islamique. Le chef de la Maison blanche veut aussi que les sources de financement de l'EI soient coupées. CONFÉRENCE SUR LA SÉCURITÉ De la Turquie, il veut qu'elle empêche le passage sur son territoire des djihadistes étrangers qui ont combattu aux côtés de l'EI quand ils rentrent dans leur pays où ils sont susceptibles de lancer des attentats contre des civils. La prochaine grande étape pour la coalition aura lieu lors de la conférence sur la sécurité convoquée dans le courant du mois de septembre par Barack Obama en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. "Il nous faut avoir un plan tous ensemble au moment de l'AG de l'Onu, nous devons avoir cette coalition", a déclaré le secrétaire d'Etat américain John Kerry. "Nous devons avoir une stratégie claire et être au clair sur ce que chacun va faire." Le chef de la diplomatie américaine est attendu en Arabie saoudite et en Jordanie la semaine prochaine. Il devra vérifier si ses interlocuteurs son prêts à confirmer leurs propos anti-djihadistes par des actes. Certains pourraient être prêts à participer à une action militaire comme ils l'ont fait en Libye. Les Etats-Unis tentent de voir ce que chaque pays pourra faire de mieux, explique un haut responsable du gouvernement. "Notre but est d'agir très rapidement, mais aussi de nous assurer que nous le faisons bien", a déclaré Barack Obama vendredi. Alors que les Etats-Unis bombardent les djihadistes dans le nord de l'Irak depuis un mois, le chef de la Maison blanche n'a pas encore décidé s'il donnerait son feu vert à des frappes contre les positions de l'EI en Syrie. Les républicains et même certains démocrates le trouvent trop prudents. Avant de prendre cette décision, le président américain veut être sûr que la rébellion syrienne modérée est en suffisamment bon état de marche pour tenir le terrain qui sera nettoyé par les frappes aériennes. (Danielle Rouquié pour le service français)

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  • 35924358 le dimanche 7 sept 2014 à 13:24

    Obama doit aussi penser à tous les djihadistes qui se terrent à Gaza.