Obama demande aux Britanniques de ne pas quitter l'Union

le , mis à jour à 17:59
0
 (Actualisé avec rencontre avec Cameron, déclarations de Johnson 
§ 5-9) 
    LONDRES, 22 avril (Reuters) - Barack Obama a recommandé 
vendredi aux électeurs britanniques de se prononcer en faveur du 
maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne afin de 
garantir leur place dans le monde et la solidité du bloc. 
    A deux mois du référendum du 23 juin, la venue du président 
américain, arrivé jeudi soir à Londres, est placée sous le signe 
de l'avenir européen de la Grande-Bretagne dont la place dans 
l'Union rend selon lui le monde plus sûr, plus prospère et plus 
à même de combattre le terrorisme.  
    "La question du maintien ou non du Royaume-Uni dans l'UE 
relève de la décision des électeurs britanniques (...) Cela dit, 
je dirai avec la franchise d'un ami que l'issue de votre 
décision est un sujet de profond intérêt pour les Etats-Unis", 
écrit-il dans une tribune que le Telegraph a mise en ligne peu 
après son arrivée. 
    "L'Union européenne ne modère pas l'influence britannique, 
elle la magnifie", ajoute-t-il. 
    Barack Obama, qui a été reçu à déjeuner avec son épouse 
Michelle par la reine Elizabeth au château de Windsor, s'est 
ensuite entretenu avec le Premier ministre David Cameron, chef 
de file du camp du "In", avant une conférence de presse. 
    "Lorsque nous voyons des alliés et partenaires venir du 
monde entier plaider la cause du maintien du Royaume-Uni dans 
l'UE et évoquer la manière dont cela amplifie notre influence 
dans le monde, nous pensons que ce sont là des arguments 
importants à entendre", a commenté une porte-parole de Cameron. 
    La prise de position du président américain n'a pas été en 
revanche du goût des partisans d'une sortie de l'Union, à 
l'image du maire conservateur de Londres, Boris Johnson, qui a 
dit ne pas avoir de leçon à recevoir des Américains sur la 
question de l'appartenance au bloc communautaire. 
    "De la part des Etats-Unis, nous dire, au Royaume-Uni, que 
nous devons renoncer à une part si importante de notre 
démocratie, c'est un exemple saisissant du principe du 'faites 
ce que je dis, pas ce que je fais'", a écrit Boris Johnson dans 
le Sun. "C'est incohérent, contradictoire, et, oui, tout à fait 
hypocrite", a-t-il ajouté. 
    Johnson a également déclenché une polémique en estimant que 
les racines partiellement kényanes d'Obama, né d'un père kényan, 
expliquaient son "aversion ancestrale de l'Empire britannique". 
L'opposition travailliste a dénoncé une sortie raciste. Aucune 
réaction n'est venue de la délégation américaine. 
    Jeudi, Nigel Farage, un autre partisan du Brexit, 
recommandait au président américain de "s'occuper de ses 
fesses". "C'est une ingérence malvenue de la part du président 
américain le plus anti-britannique qui ait jamais été. Fort 
heureusement, il ne restera plus longtemps en poste", a-t-il 
déclaré à Reuters. 
 
 (Roberta Rampton et Sarah Young; Nicolas Delame et Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant